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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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Double Star

RIZZO, RICK & KEY, TARA

Thrill Jockey

vendredi 11 mars 2011, par Jean-François Sénéchal

(2.5/5) Après 10 ans sans avoir donné de nouvelles, Rick Rizzo et Tara Key s’invitent pour nous présenter leur nouveau-né, Double Star. On leur dit que 10 ans c’est long, mais eux répondent qu’ils ne sont pas restés les bras croisés pendant tout ce temps, quand même, et que tout ça vient en pratiquant. Le duo lui-même n’étant pas né de la dernière pluie (tous deux sont actifs depuis la fin des années 1980), on aura tendance à les croire sur parole. Pour preuve, Rick Rizzo ne s’est pas ennuyé entre temps au sein d’Eleventh Dream Day, entre autre en publiant l’excellent Zeroes and Ones en 2006. Et que dire de Tara Key, membre fondateur d’Antietam, un groupe de rock alternatif encore productif après une trentaine d’années d’existence.

Alors on se décide à prendre entre nos mains la petite chose vagissante et on se dit, en soi-même, merde, il est pas comme ses vieux ! On se serait attendu à quelque chose de plus braillard, hirsute ou colérique, en tout cas quelque chose qui rappellerait les origines punk-rock des parents. Mais à bien y penser, il fait drôlement penser à son grand frère, dénommé Dark Edson Tiger, arrivé en 2000.

Et puis Rick et Tara nous confient que, comme pour leur aîné, ils l’ont fait en s’échangeant des fichiers, entre Chicago et New York. Mmm… bon, d’accord, on est ouvert aux nouvelles technologies de production. Mais peut-être que ça explique pourquoi ça a été si long, on se dit en nous-mêmes. On a le goût de leur demander si ça en valait la peine, mais on n’ose pas. C’est plutôt à nous de juger, non ?

Alors à y regarder de plus près, c’est pas désagréable, c’est tranquille, surtout les premières minutes, avec des accords ouverts, appuyés par des percussions, et puis quelques éléments électroniques pour agrémenter le tout. Rizzo Stars est une belle pièce, avec du violoncelle et une guitare espagnolisante. Parfois ça se corse un peu et on se dit que la chose va s’énerver pour de bon, comme avec Insatiny Stomp, où des boucles rythmiques accompagnent la distorsion des guitares, ce qui nous rappelle beaucoup Yo La Tengo. Mais non, la chose se calme presque aussitôt.

De temps en temps, c’est un peu mou, trop lâche (les cordes, surtout), si bien qu’on se demande si ça ne va pas s’endormir. Non, ça reste éveillé, parfois pour nous faire enfin sourire de plaisir, comme avec Loop 2 et surtout Yes I Wait, sans doute le meilleur morceau de l’ensemble. On y trouve une bonne ligne de guitare, de belles cordes, une atmosphère envoûtante. Et puis encore d’autres accords ouverts, radieux, confiants, qui dessinent davantage de simples mélodies que des chansons en bonne et due forme. D’ailleurs, on note en fin de parcours que la chose ne parle jamais, même pas un petit son sorti de la bouche, mais on peut comprendre : c’est si jeune encore… Qu’instrumental, en d’autres mots, avec des guitares, des percussions, de la basse, des touches d’électro et de cordes frottées. Rien de bien méchant, après tout.

Et puis voilà que Rick et Tara s’en vont, nous laissant seul avec nous-mêmes. La porte se referme, on s’assoie, et puis on se dit que ça change les idées, une visite comme celle-là. Mais pas trop, quand même. Parce qu’on se surprend déjà à penser à autre chose. Et puis on se dit aussi que, finalement, ça nous serait égal d’attendre un autre 10 ans avant de les revoir, ces deux là.

- Desc. : Indie-rock instrumental
- R.S.V.A : Yo La Tengo, Eleventh Dream Day, Dirty Three

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