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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

S/T

RHYTON

Thrill Jockey

mardi 12 juin 2012, par Frédérick Galbrun

(4/5) Dans le domaine du rock psychédélique et de l’improvisation, Dave Shuford n’est pas un nouveau venu. Il a fait ses classes avec le collectif No-Neck Blues Band et est l’homme derrière le pseudonyme D. Charles Speer. Celui-là même qui a fait paraître quelques disques flirtant entre un country honky-tonk et le rock psychédélique avec son groupe ; The Helix. L’année dernière, il a sorti un premier album solo intitulé « Arghiledes » et sur ce disque, Shuford identifiait clairement ses références, se réclamant implicitement d’une filiation aux frères Bishop, soit deux des trois membres du groupe Sun City Girls. L’emprunt se faisait surtout à l’intérieur d’un faux-ethnique ; d’une réappropriation culturelle de ses origines grecques, lui permettant de créer un disque de musique folklorique psychédélique et d’explorer les sonorités d’instruments traditionnels.

Pour ce nouveau projet, Shuford garde la référence grecque antique et s’approprie la capacité de contenir les fluides sacrés servant à la libation. Rhyton est un trio formé avec Jimmy SeiTang du groupe Psychic Ills à la basse et manipulation de ruban analogue et Spencer Herbst à la batterie. Pour sa part, Shuford se concentre sur la mandoline, le saz électrique et la guitare. À l’image de ses membres, Rhyton se veut un projet un peu plus rock psychédélique, soutenu par des gros groove de basse, des cordes saturées de fuzz et un batteur qui impose une stabilité rythmique.

L’offrande s’ouvre avec la pièce « Stone Colored » et nous avise de ce qui s’en vient. La ligne de basse en ouverture à quelque chose de funky et le drum crée un quasi-break beat sur lequel la guitare de Shuford se laisse emporter dans des envolées dignes de Hendrix.

Sur « Pontian Grave », on retrouve aussi une section rythmique rigide par-dessus laquelle Shuford joue frénétiquement du saz. Le trio ne se limite pas cependant au même procédé, on retrouve aussi des électroniques sur « Dale Odaliski », le morceau le plus abstrait du disque, soutenu par un bass drum étouffé de Spencer Herbst. Le jeu de guitare/cordes de Shuford garde une teinte orientalisante et la référence aux albums plus rock des Sun City Girls tels, Lybian Dream, et Torch of The Mystics (dans ses moments les plus rock électrique) est de plus en plus évidente. Cependant, Rhyton forclos la folie propre aux frères Bishop tout en gardant des grooves et de riffs de guitare entraînants, qui n’hésitent pas à voler en milles morceaux lorsque disséminés dans des pédales d’effets.

- Desc : Rock psychédélique
- R.S.V.A. : Sun City Girls, Rangda, Hayvanlar Alemi

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