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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

Let The Dominoes Fall

RANCID

Epitaph

dimanche 7 février 2010, par Éric Dumais

(3/5) C’est après 6 ans d’absence que le célèbre groupe punk rock Rancid revient à notre grand étonnement avec Let The Dominoes Fall, un nouvel opus paru le 2 juin 2009 sur l’étiquette Epitaph (Bad Religion, Lars Frederikson And The Bastards, NOFX). Mais qu’est-ce qui a poussé le quatuor californien a lancé après autant de temps un nouvel album ?

6 ans de gestation, c’est long. Surtout lorsque l’on s’appelle Rancid, que nous sommes un des groupes punk rock-ska les plus connus en Amérique du Nord et que nous avons l’habitude de réaliser un album par an (ce qu’ils nous ont offert au courant des années 90). Plusieurs se disent déjà que Rancid s’est d’ores et déjà essoufflé et que l’album n’en vaut pas la chandelle. Je dois admettre que, contrairement à Guns N’ Roses ou à Alice In Chains, le retour de Rancid n’est peut-être pas si bête en soi. Car Let The Dominoes Fall n’est certes pas un nouveau souffle créatif du style de …And Out Come The Wolves (1995), bien évidemment, mais il demeure néanmoins que l’on doit lui prêter certaines qualités qui en valent le détour. En effet, les membres de la formation américaine se sont assagis avec le temps et cette prise de conscience semble avoir atteint le cœur même de leur musique.

Ce 7e album en carrière présente 19 nouvelles compositions qui nous replongent avec nostalgie à l’époque des meilleurs albums de Rancid, à savoir …And Out Come The Wolves, que j’ai mentionné précédemment, mais aussi Life Won’t Wait (1998) et Indestructible (2003). Dès la première pièce de l’opus, East Bay Night démarre en trombe, comme un refrain laissé en suspens. Voix éraillée, guitares électriques ultra distorsionnées, batterie simpliste mais constante et basse totalement déjantée, tout y est. Rancid a changé, peut-être, mais la même recette qui nous plaisait tant à l’époque est quand même demeurée. Ils attaquent avec talent et virtuosité des rythmiques reggae aux relents ska comme Up To No Good ou That Just The Way It is Now, probablement les deux meilleures pièces de l’opus. Définitivement, la force de Rancid réside dans la performance complètement délirante du bassiste Matt Freeman. Il réussit encore à nous étonner en parcourant son manche de basse comme un Bruni Surin lors d’un 100 mètres. C’est à chaque détour entre un accord de guitare ou une note de clavier jamaïcain que la basse résonne à nous emplir les oreilles d’un tourbillon musical. C’est un Dieu, rien de plus.

Let The Dominoes Fall est un album qui risque de réveiller les fans de Rancid qui dorment au gaz depuis bientôt 6 ans. Il ne révolutionne en rien la musique punk-ska reggae, mais il démontre parfaitement, par contre, le talent inné d’un groupe légendaire.

- Desc. : Punk rock-ska, reggae
- R.S.V.A. : Operation Ivy, Transplants. Citizen Fish

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