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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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ELVIS PERKINS IN DEARLAND

XL

dimanche 15 mars 2009, par Nicolas Pelletier

(3.5/5) Elvis Perkins a de célèbres parents. Son père n’est pas le pionnier du rock’n’roll Carl Perkins, mais plutôt Anthony Perkins, connu pour ses rôles dans la série de films Psycho. Celui-ci est décédé en 1992 des suites du sida. Sa mère, la photographe Berry Berenson, a péri dans l’un des avions détournés le 11 septembre 2001. Ceci dit, ce n’est pas en rapport avec son pedigree hollywoodien que l’on parle aujourd’hui d’Elvis Perkins, mais bien parce que l’auteur-compositeur-interprète, qui a grandi entre LA et New York, publie son deuxième album, « In Dearland », officiellement présenté en tant que groupe.

Amis de longue date et musiciens de sa tournée en support à son premier LP « Ash Wednesday », Brough (basse, chant, saxophone), Wyndham Boylan-Garnett (orgue, harmonium, trombone, guitare, chant) et Nick Kinsey (batterie, clarinette, chant) offrent le même genre d’accompagnement aux chansons de Perkins qu’entendus sur son premier album. On a ici du folk traditionnel, solidement ancré autour du chant et de la guitare acoustique de Perkins. La formule gagnante est la même : de discrets arrangements classiques, un peu de caisse claire jouée avec des balais, un harmonica ici et là. La contrebasse et les cuivres ajoutent de la richesse au son global, subtilement, comme sur Chains Chains Chains, avec son ambiance de fête particulièrement réussie.

On avait déjà remarqué le calme olympien de Perkins, en 2007, alors qu’il assurait la première partie de Clap Your Hands Say Yeah, un groupe qui attirait un public beaucoup plus surexcité que le sien. Le folk singer s’était assuré de « mettre le public dans sa petite poche » dès la première chanson, avec la superbe While You Were Sleeping. Il avait de ce fait conquis de nouveaux fans.

Bien que chacune des dix chansons présentées par Perkins et son groupe soit agréable et accessible, il prendra plusieurs écoutes pour véritablement s’accrocher émotivement à ses propos. Seule I’ll be Arriving est complètement différente du lot, semblant sortir directement du répertoire de Tom Waits, époque « Rain Dogs » : voix distorsionnée, percussions utilisant divers matériaux et bruits concrets, etc. Elvis Perkins y est alors méconnaissable.

Dès cet écart consommé, on retrouve un folk à la Ron Sexsmith (Send My Fond Regards to Lonelyville), qui plaira aux fans de Dylan, Billy Bragg (I heard your voice in Dresden) ou des Mountain Goats et qu’on pourrait sans doute comparer à celui de Thomas Hellman, vu le côté cuivré des arrangements. De la bonne musique qui s’apprécie encore mieux après quelques écoutes.

- Desc. : Folk
- R.S.V.A. : Nick Drake, Eric Bachmann, James Yorkston

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