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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

Ghost Town

OWEN

Polyvinyl

dimanche 25 mars 2012, par Nicolas Pelletier

(3/5) Comment ne pas s’esclaffer à l’écoute des premiers vers d’Owen, alias Mike Kinsella, dans la chanson Too Many Moons alors qu’il amorce l’album avec un « Au revoir, mon chatte » avec un fort accent anglais ! Étant donné le ton sentimental de la pièce en question (et de tout l’album qui s’en suit), il est fort probable que cet auteur-compositeur-interprète originaire de Chicago ne soit pas au courant de la tournure que peut prendre son vers dans les oreilles de francophones !

Une fois cette première rencontre faite, on découvre un musicien qui maîtrise très bien les arpèges de guitare sèche, toujours la base de ses morceaux, ainsi que les arrangements de cordes, somptueuses et élégantes, qui ne volent pas la vedette au chant doux et sensible de Kinsella, qui a fait partie d’ensembles renommés comme Joan of Arc, Owls et American Football. Ce dernier est récemment devenu père, choisissant de demeurer à la maison s’occuper de sa fille. Si sa voix reste douce, « Ghost Town » est l’album le plus rock parmi les 5 précédents qu’Owen a publiés depuis 2001. Multi-instrumentiste doué, il a enregistré la batterie alors qu’il était en pause d’une tournée avec Cap’n Jazz, une autre formation à laquelle il contribue, ce qui l’a fait « taper plus fort qu’à l’habitude » selon ce qu’il raconte sur le site du label Polyvinyl. Le 6e opus d’Owen a été réalisé par Brian Deck (Iron & Wine) et Neil Strauch, qui ont travaillé avec Iron & Wine et Bonnie ’Prince’ Billy respectivement.

« Ghost Town » n’est pas un album très gai, mais ni aussi triste qu’un Bon Iver puisse l’être, par exemple. Owen sonne parfois plus comme un Moe Berg calme, capable de moments plus électriques (comme sur la pièce titre) ou un John Darnielle moins volubile, mais tout aussi impressionniste (O, Evelyn...) dans sa capture des situations et des états d’âme. Son jeu de guitare sèche est impeccable. À certains endroits, il se laisse aller un peu et démontre qu’il y a un grand talent derrière tout ça, mais Kinsella ne l’exploite peu, s’en tenant à un picking constant et solide. Peu de mélodies mémorables émergent de ce microsillon tout de même agréable qui ne créera pas de dépendance chez l’auditeur.

- Desc. : Folk
- R.S.V.A. : Bonnie ’Prince’ Billy, Mark Kozelek, Winfred E. Eye

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