[] [] [] [] [] []

Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

Accueil du site > Musique > O > ORGAN MOOD

Grands Projets

ORGAN MOOD

Indépendant

jeudi 7 octobre 2010, par Éric Dumais

(4.5/5) Grands Projets est le titre du premier album de la formation Organ Mood, un duo électro expérimental d’origine montréalaise, dont le lancement a eu lieu le 20 août dernier dans l’ambiance intimiste et romantique de la Sala Rossa, située sur le boulevard Saint-Laurent à Montréal.

Ce projet ambitieux, né de l’union entre le vidéaste Mathieu Jacques et le sonorisateur Christophe Lamarche, qui est également l’expérimentateur sonore et réalisateur de We Are Wolves, vient de faire paraître un opus puissant, à la limite de l’illumination, et qui risque de faire tourner les têtes cette année. Assister à une prestation d’Organ Mood, c’est se laisser transporter par l’improvisation et le mysticisme auditifs, mais c’est aussi un plaisir visuel à ne pas manquer. En effet, Mathieu Jacques est un artiste visuel qui s’efforce d’immerger le public dans un monde audiovisuel stimulant, où se chamaillent et s’entremêlent des formes abstraites, organiques et géométriques au rythme de la musique de Christophe Lamarche. Organ Mood est bien entendu influencé par le krautrock, un sous-genre du rock progressif auxquels ont participé des groupes tels que Kraftwerk, Jean-Michel Jarre et Unireverse. Écouter Grands Projets, c’est vivre une expérience musicale unique, au centre de laquelle trône le spectateur, complètement ébahi.

L’opus démarre avec Modulor, une pièce énergique et vivifiante, qui nous donne l’impression de voltiger dans les airs ou du survoler des contrées spatiales inexplorées. L’ambiance est au « dance floor », et c’est d’ailleurs l’unique chanson qui bouge autant. Pour le reste, le duo Jacques-Lamarche nous convie à de longues envolées transcendantales, qui ne sont pas sans rappeler certaines ambiances sonores propres à Fuck Buttons, The Chemical Brothers, Daft Punk et Animal Collective. Sur Grands Projets, l’orgue électrique est soutenue par des « beatbox » survoltés, des synthés éclatés et des séquenceurs monstres, ce qui permet une improvisation et une autonomie totales. Pour apprécier pleinement le potentiel illimité d’Organ Mood, il faut se détendre et se laisser transporter, en transe. Les mélodies sont envoûtantes, les textures musicales, ensorcelantes, et notre état, contemplatif, voire introspectif.

De grands projets… on espère qu’ils en auront d’autres bientôt.

- Desc. : Électro expérimental
- R.S.V.A. : Fuck Buttons, Styrofoam, Kraftwerk

Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0