[]

Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

Chants

NOUELA

Control Group

mercredi 29 mai 2013, par Nicolas Pelletier

(3.5/5) Cette auteure-compositrice-interprète de Seattle entreprend son premier album solo tout en douceur avec une pièce dont l’intro n’est pas vraiment représentative de l’œuvre.

Chambranlante et intimiste, on s’aperçoit vite que la chanson Joke jure dans le lot, avec son approche à la Cat Power des premiers jours. Dès la piste suivante, Buckle Down, la voix puissante de Nouela Johnston est beaucoup plus rapproché de l’univers de Feist, ce qui est encore plus flagrant sur Fight. Sur cette dernière, les arrangements plus dynamiques (claquements de doigts, piano, percussions légères et voix doublée), enligne Nouela dans le sillage des Frida Hyvönen, Sam Philipps, Throwing Muses et autres Aimee Mann. De la bonne compagnie, on s’entend ! Nouela n’est pas une débutante, elle menait jadis le groupe People Eating People qui compte plusieurs fans fidèles.

Les influences multiples de Nouela sont probablement en partie dues à son parcours : née de l’union d’un Norvégien et d’une Coréenne, elle passe les onze premières années de sa vie en Corée, apprenant la musique (pas qu’orientale) par ses parents. Sa mère a un doctorat de l’université Juilliard, et son père un PhD en composition de Princeton… Ce dernier l’initie à divers horizons : Beach Boys, Pet Shop Boys, Beatles, Kraftwerk, Monk, Mingus et Weird Al Yankovic font partie de la musique ambiante dans la maison des Johnston. La petite Nouela fait son premier récital de piano à l’âge de 4 ans.

Ce ne sont pas toutes les chansons qui sont exceptionnelles, mais lorsqu’elle met le doigt sur une belle mélodie, comme le refrain de Fight, Nouela l’expoite avec instinct et assurance. La présence du piano et les airs pop accrocheurs (Homs) rappellent un peu le travail de Gonzales avec Feist. Un petit xylo ici, une guitare hyper saturée là, Nouela et son équipe ont la sagesse et le bon goût de ne pas surcharger la musique. En laissant le tout respirer, on est en mesure de bien entendre les différents éléments, de bien apprécier les multiples pistes de voix en chœur, sans ne jamais tomber dans un moule prévisible. Les percussions tribales, l’orgue et la basse fuzz sur Suckers rappellent l’époque Bring You My Love de PJ Harvey alors que le chant est plus près de celui de Florence + the Machine ou The Dø (Secrets).

Johnston menait jadis partie de la formation People Eating People qui n’a publié qu’un disque, plus rock que son premier essai solo.

Bref, un bel album solide, allumé et riche en bons moments.

- Desc. : Indie pop féminin
- R.S.V.A. : Feist, Cat Power, Frida Hyvönen

Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0