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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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Carta Marina

NIGHTWOOD

Indépendant

lundi 18 janvier 2010, par Éric Dumais

(4.5/5) Depuis sa sortie le 1er octobre dernier, l’album Carta Marina m’a ensorcelé à un point tel que j’ai dû l’écarter de ma vie, l’enfermer dans un coffre-fort à double tour et jeter les clés par la fenêtre. Tout cela pour demeurer en bonne santé physique et mentale. Je me doute qu’il n’est pas nécessaire de vous dire que je n’ai rien fait de tout cela. Je l’ai simplement écouté, savouré jusqu’à la dernière goutte, et aujourd’hui il me fait plaisir de vous partager mes impressions.

Carta Marina est un opus savoureux et ensorcelant qui repose sur la thématique de l’eau, élément naturel pour lequel la chanteuse et guitariste Amber Goodwyn s’est intéressée et qui constitue, par le fait même, l’élément constitutif de l’œuvre. Carta Marina, c’est la carte la plus ancienne de la Scandinavie. Elle a été dessinée au 16e siècle et elle représente l’ensemble des peuples terrestres et des animaux marins qui ont vécu dans les eaux à cette époque. Ainsi, Carta Marina est devenu par la force des choses un album-concept auquel Erin Ross (chant, guitare) et Jeremy MacCuish (batterie) ont donné leur appui.

Nightwood, c’est une formation montréalaise qui œuvre dans la musique rock indie un rien noire, qui est aussi exploratoire et lyrique, appuyée d’une formule rythmée à point qui rappelle de près les très excellents Sons And Daughters. Dès l’ouverture, la chimie qui se dégage entre les deux musiciennes est à couper le souffle : la guitare est subtile, comme suspendue dans l’univers, et leur chant bien mesuré accompagne avec merveille la mélodie un rien minimaliste. Plus tard, la voix légèrement éraillée d’Amber Goodwyn apporte sincérité et émotivité à une chanson déjà surchargée par une vague de sentiments. Maritimer est une ode par-dessus laquelle se côtoient deux guitares électriques qui épousent bien les percussions timides mais rythmées de MacCuish. La finale est interprétée en canon par les deux musiciennes et l’interprétation est à ce point saisissante, qu’on a l’impression d’être pris de vertige. Johnny démarre en trombe et rappelle Metric à l’époque de Live It Out, avec un chant réservé et sérieux à la Emily Haines. Le refrain est simple, répétitif, mais totalement accrocheur. Les chansons défilent et l’on s’émerveille par la qualité et la variation dans les chants (Play The Dishes/Wash The Guitar), par l’essence rock qui imprègne les mélodies (Gretta At A Window) et par la douceur de certaines compositions (Bright Girls Of Summer).

Nightwood est une formation débutante qui risque de satisfaire même les plus exigeants. Si vous aimez le rock lyrique émouvant et rythmé à la fois, cet album est pour vous !

- Desc. : Rock indie lyrique
- R.S.V.A. : Sons & Daughters, Metric, Parlovr * Nightwood sera en spectacle à Montréal au Divan Orange le 21 janvier 2010

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