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SALON DU DISQUE ET DES ARTS UNDERGROUND DE MONTRÉAL

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LP3/Papier-Vampire

NAVET CONFIT

La Confiserie

lundi 15 février 2010, par Éric Dumais

(4/5) Jean-Philippe Fréchette, mieux connu sous le pseudonyme Navet Confit, vient de paraître un troisième effort, LP3/Papier-Vampire, derrière lequel le multi-instrumentaliste a écrit et interprété la plupart des pièces que l’on retrouve sur cet album. À première vue, l’artiste montréalais a délaissé l’atmosphère lente et interstellaire de son deuxième opus LP2, afin de retourner aux sources de ses très glauques et dépressifs LP1 et EP1/EP2.

Navet Confit est reconnu pour être un artiste prolifique et c’est ce qu’il nous avait prouvé lors de la parution de LP2 en 2007, un album double qui a permis à l’artiste une ascension assez fulgurante sur la scène musicale indépendante. Avec LP3/Papier-Vampire, Jean-Philippe Fréchette n’a pas mis de côté l’absurdité qui le caractérise si bien. Malgré les apparences, ce jeune homme, à mi-chemin entre un légume qui baigne dans la graisse de viande le jour et un vampire la nuit, se tient pas mal occupé. Mis à part le temps qu’il consacre à sa formation Navet Confit, l’artiste et réalisateur aime investir son temps avec d’autres artistes de son entourage. Il a réalisé, entre autres, le plus récent album de Carl-Éric Hudon, en plus d’avoir accompagné Jérémi Mourand et Géraldine en concert pendant quelque temps. Ce n’est pas parce que l’on est un végétal que l’on a nécessairement la gueule qui pend le jour durant.

Avec LP3/Papier-Vampire, Navet Confit puise aux sources de ces autres albums, avec des compositions tantôt absurdes, tantôt empreintes d’une certaine critique sociale, mais qui demeurent ni plus ni moins dans le style humoristique que l’on apprécie tant chez le jeune auteur-interprète. D’entrée de jeu, l’album est délicieusement exquis, avec des mélodies accrocheuses, des guitares lourdes et profondes, et des paroles parfois cyniques et humoristiques, mais toujours exquises et lancées à point. Que l’on pense à des refrains débordants d’énergie et d’enjouement tels que Les Chansons ou Plastique À La Cerise, ou à des passes chargées d’un shoegaze puissant et badigeonnées d’un grunge mordant et cinglant, et que l’on retrouve de fait dans des pièces aussi étourdissantes que Lalalala ou la très absurde Le Bébé Dans La Boîte. L’album est une boîte qui déborde d’énergie dont on devrait s’abreuver de temps en temps. À l’écoute, il est divertissant, il fait du bien, bref, c’est de la vraie musique. Navet Confit réussit également à lancer à la gueule du monde des messages sociaux qui nous préoccupent énormément ces temps-ci, comme dans la pièce Vraiment Beaucoup, où il insiste sur le fait qu’il y a beaucoup trop d’automobiles sur nos routes. On l’avait remarqué, mais merci beaucoup d’en parler à notre place…

Si vous voulez rire autant que le Navet qui ne manque jamais une occasion de rire de ses propres gags, achetez cet album, il vous fera rire jusqu’à la nuit des temps.

- Desc. : Indie-rock
- R.S.V.A. : Le Husky, Pavement, Malajube

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