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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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High Violet

NATIONAL, THE

4AD

mercredi 2 juin 2010, par Éric Dumais

(4/5) The National s’est imposé un défi majeur cette année : produire un album à la hauteur des deux précédents (on se souviendra des excellents et sublimes Alligator (2005) et Boxer (2007)), et réussir à capter l’intérêt d’un public assoiffé de nouveaux succès. Il faut croire que la chance et l’inspiration se sont pointées le bout du nez, car Matt Berninger et sa bande ont concocté un opus puissant et profondément sincère qui risque d’en surprendre plusieurs.

Le quintette new-yorkais a eu l’excellente idée, lors de la réalisation de cet opus, de s’entourer de collaborateurs influents pour la composition de certaines pièces. Et les membres de National n’y sont pas allés de main morte. Ils ont fait appel à Richard Reed Parry (The Arcade Fire), Sufjan Stevens (célèbre auteur-compositeur-interprète américain) et Justin Vernon (Bon Iver) afin d’assurer un dynamisme soutenu et des variations sonores sur toutes les chansons de l’album.

High Violet est un projet qui puise à nouveau dans l’indie-rock mélancolique caractéristique aux National, mais qui explore, avec une profondeur désarmante et une ambiance sombre et caverneuse, un monde de possibilités et de découvertes. Anyone’s Ghost démarre en trombe avec une basse sautillante mais assurée, à peine quelques secondes avant que la voix de Matt Berninger emplisse l’atmosphère de son intensité mélodramatique habituelle. L’ensemble est désarmant, voire complètement foudroyant. L’ambiance est sombre, sans être trop noire, et l’émotion se déploie rapidement, comme une envolée de chauves-souris. Little Faith débute avec une texture grinçante au clavier, puis avec de doux accords de guitare acoustique, avant d’être littéralement pris d’assaut par le chant magnifique et rêveur du chanteur. Pendant un bref instant, on frissonne en raison de l’intensité de la pièce, et on se laisse séduire par le refrain, qui rappelle certaines envolées lyriques à la Interpol. Sur plusieurs pièces, les arrangements sont assez sophistiqués (chœurs, clavier, cuivres, cordes, etc.) et l’intensité est, de fait, hautement dramatique.

Si vous aviez de grandes attentes à propos du nouvel album de la formation new-yorkaise, vous serez probablement ravis d’entendre qu’il est un pur délice sonore !

- Desc. : Indie-rock mélancolique
- R.S.V.A. : Interpol, Frightened Rabbit, Spoon

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