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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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m b v

MY BLOODY VALENTINE

indépendant

jeudi 28 février 2013, par Yannick Valiquette

(4/ 5) Vingt-et-une années. Pour le commun des mortels, ce laps de temps couvre une bonne partie de sa vie et de ses accomplissements. Pour My Bloody Valentine, c’est le temps qui aura été nécessaire pour faire suite à un des albums les plus influents des dernières décennies. Pendant que les fans se résignaient toujours un peu plus au fait qu’un successeur à Loveless ne verrait probablement jamais le jour, Kevin Shields sort enfin du studio où il a planché de façon obsessive durant des années et lance subitement m b v, un nouvel album dont les attentes atteignent des sommets insensés.

Après une si longue attente et un héritage musical pour le moins imposant derrière lui, il est pratiquement impossible d’approcher m b v sans jouer le jeu des comparaisons. Toutefois, l’exercice s’avère rapidement inutile puisque l’album débute exactement là où Loveless s’était arrêté. ‘She Found Now’ dévoile immédiatement tous les traits ayant faits de My Bloody Valentine les ambassadeurs du genre shoegaze : distorsions de guitares, utilisation constante du vibrato, voix à peine audibles se rapprochant plus du chuchotement que du chant, percussions floues et surtout des couches de white noise qui nous réconfortent autant qu’elles nous donnent le vertige. Sur ‘Only Tomorrow’, la guitare se transforme en un son statique qui menace de s’effriter à tout moment alors que la voix de Bilinda Butcher se fait aussi douce que par le passé. L’album commence à se distancer de son prédécesseur avec ‘Is This and Yes’, où les ponctuations de voix de Bilinda se mêlent à des lignes d’orgue qui semblent effleurer une mélodie sans jamais y parvenir. ‘New You’ est assurément une des pièces les plus conventionnelles et les plus accessibles du groupe jusqu’ici, nous rappelant que derrière les épaisses textures sonores se cache souvent une structure pop. À l’inverse, le dernier tiers de l’album passe en mode plus agressif et expérimental avec la guitare stridente de ‘In Another Way, le rythme industriel de l’instrumentale ‘Nothing Is’, qui s’avère aussi être la pièce la plus faible de l’album avec son trébuchement un peu maladroit en finale. m b v s’achève sur ‘Wonder 2’, pièce maîtresse de l’album qui mêle rythme électro frénétique et guitares drones étourdissantes tout en nous donnant l’impression que le tout a été enregistré à proximité d’un avion à réaction en plein vol.

À ce stade-ci, le plus beau compliment que m b v puisse recevoir est qu’il ressort intact de l’étape de l’excitation initiale et des attentes démesurées. Une fois la poussière retombée, ce n’est pas le chef-d’œuvre que tout le monde cherchait désespérément à obtenir, mais c’est un album qui solidifie le statut unique de My Bloody Valentine tout en laissant entrevoir de nouvelles avenues pour le futur. La seule inquiétude est à savoir s’il y aura bel et bien un futur pour le groupe irlandais et si c’est le cas, espérons que nous en verrons les résultats d’ici les deux prochaines décennies.

- Desc. : Shoegaze
- R.S.V.A. : Ride, Slowdive, Lush

My Bloody Valentine - In another way

My Bloody Valentine - She found now

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