Après le superbe Lost Wisdom, paru en 2009 avec Julie Doiron et Fred Squier pour l’accompagner, Elverum avait tout une marche à monter pour nous surprendre à nouveau. Le musicien ne semble pas avoir pris cette marche pour un obstacle, mais plutôt pour un tremplin afin de nous déboussoler totalement avec Wind’s Poem. En effet, dès l’introduction inattendue, on découvre une nouvelle facette de l’artiste avec son gros son doom/black métal. L’artiste reconnu pour son côté folk et minimaliste fait dorénavant place à une énergie plus lourde et obscure tout en restant fidèle à son genre mélodique.
Phil chante encore fragilement ; on a peine à l’entendre à certains moments, mais cela ne nuit en rien à l’exploration de cet album. On ne retrouve pas plus de mélancolie qu’auparavant ; elle est seulement différemment interprétée. De légers bruits de fond, de fields recordings ou de noise agrémentent le fond sonore par moments, ce qui enrichit l’écoute et le monde imaginaire. Jouant avec les ambiances est la force de Mount Eerie, il aime nous laisser croire à cette proximité de l’auditeur et de la musique, comme une confession. Plus l’album avance, plus vous êtes touchés par cet enregistrement et son concept. On retrouve même la suite de Lost Wisdom, bien entendu plus douloureux, plus ténébreux, à la limite de la provocation.
Malgré tout, si on compare Wind’s Poem à un album de black métal, ce sera le plus accessible Black Métal que j’aurai personnellement entendu. Wind’s Poem est un disque envoûtant, comme si une sorcière vous avait jeté un sort mais que vous ne vouliez pour le moins du monde être libéré.
Desc. : Doom-folk
R.S.V.A. : Boduf Songs, Bonnie ’Prince’ Billy, Nadja
