[] [] [] [] [] []

Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

Accueil du site > Musique > M > MISTER HEAVENLY

Out of Love

MISTER HEAVENLY

Sub Pop

vendredi 25 novembre 2011, par Vanessa Hauguel

(2.5/5) Composé de Nicholas Thorburn (Islands et The Unicorns) qui a recruté au camp Honus Honus (Man Man) et Joe Plummer (Modest Mouse et The Shins), sans compter le comédien Michael Cera, en bassiste de tournée, Mister Heavenly semblait avoir tous les ingrédients pour aboutir à un mélange sensationnel. Leur premier album, Out of Love, sorti en août dernier, n’a pourtant pas réussi à s’élever à la hauteur des attentes, d’un groupe presque « trop beau pour être vrai », tel qu’attendu.

Mister Heavenly effectue un mash-up de plusieurs genres et styles, rappelant l’époque pré-Beatles avec un son bien rétro tout droit sorti des années 50 et remis au goût du jour. Évoquant les Platters, Drifters et autres classiques du genre, avec un « edge » art-punk plus pesant, Mister Heavenly tente ici de réinventer, voire d’inventer son genre, mais tourne un peu en rond. Entre le doo-wop et une pop rockabilly, ou ce que le groupe dénomme Doom-Wop, l’album aurait pu accompagner quelques films rétro-romantiques d’adolescent avec un peu de froufrous avec son petit je-ne-sais-quoi un brin American Graffiti, et ce malgré son côté rock un peu lourdaud. Accrocheur somme toute, il tombe malheureusement à plat, un peu vite. Pas inintéressant, mais quelque chose d’encore inaboutie ou d’incertain persiste au fil de l’album, qui nous laisse en bout de ligne, un peu en froid avec Out of Love. Titre évocateur d’ailleurs, puisqu’on semble bien tomber Out of Love.

Mister Heavenly, n’est pas non plus un projet en quête du son « de nos rêves », ils sont plutôt indulgents et leur rocksteady au côté sloppy en dénote bien. Il saura plaire à certains, mais en décevoir quelques autres comme moi, qui aurais aimé sentir un peu plus des influences comme Sam Cooke peut-être ou Righteous Brothers, plus de soul bref. Une direction plus légère à la Prince Buster aurait aussi pu séduire efficacement.

À la fois léger et sinistre dans certaines zones, l’identité et l’intention de l’album s’obscurcissent, et s’alourdissent, même si le tout s’enchaîne sans vrai faux pli. Si vous cherchez une pause ludique, plus qu’un projet sérieux avant de retrouver leurs projets principaux, c’est tout indiqué. De même si vous en quête d’un album divertissant, dans son côté rétro Out Of Love pourra vous rassasier. À l’opposé, si les attentes sont d’entendre un concentré du meilleur de ses membres et bien, vous resterez sans doute sur votre faim. C’est peut-être une faim qu’on ne peut rassasier non plus, soyons indulgents envers la musique du Paradis et laissons-nous porter sur les riffs de Diddy Eyes, sans trop se poser de questions.

- Desc. : Doo-wop, Rock and roll, Doom-Wop
- R.S.V.A. : The Platters, Human Highway, Hank Ballard & The Midnighters

Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0