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SALON DU DISQUE ET DES ARTS UNDERGROUND DE MONTRÉAL

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The Sound The Speed The Light

MISSION OF BURMA

Matador

mardi 4 mai 2010, par Nicolas Pelletier

(3/5) Ce band de Boston à l’aspect tantôt garage lo-fi (1,2,3 Party !), tantôt plus hard psyché un peu bordélique (Possession et SSL83) avait fait un premier tour de piste entre 1979 et 83, avant de prendre une longue pause due à des problèmes auditifs du guitariste Roger Miller. Clint Conley (basse) et Peter Prescott (batterie) ont repris leurs activités communes en 2002, produisant 3 albums avec Miller et un nouveau complice, Bob Weston (Shellac), qui s’occupe d’ajouter des bandes sonores et de mixer le tout. Comme Martin Swope à l’époque, il enregistre des parties de la performance live des Mission of Burma et les relance dans les haut-parleurs, traficotées d’effets, à travers la console.

On peut décrier leur manque de fini, mais on doit également applaudir leur force brute rappelant les belles années des Dead Kennedys (Blunter), rien de moins ! Il y a là des riffs assez solides et livrés comme une tonne de briques. MoB donne aussi parfois dans le prog punk, c’est-à-dire une musique aux passages instrumentaux assez complexes, parfois même avec un zeste de folie à la Mr Bungle (So Fuck It) et menée par une vigueur assez furieuse, comme si on avait affaire à du prog sale ou du punk joué par des musiciens aguerris, étant donné les nombreux changements d’accords et la rythmique endiablée.

« The Sound The Speed The Light » est plus ou moins bien produit : le traitement lo-fi n’aide pas à apprécier le talent des ces 3 vétérans dont la visibilité n’était pas sortie du Massachussetts à l’époque où le punk battait son plein.

Alternant l’usage de la plume et du micro, Ni Miller, ni Prescott ni Conley ne sont de très bons chanteurs. On apprécie toutefois plus quand l’un d’eux attaque plus doucement Feed, la plus mélodique du lot. Une certaine ressemblance avec la voix matte d’Ian MacKaye, de Fugazi, est alors plus frappante. Les guitares sont souvent sursaturées de disto, générant un « moton » de son (encore pire qu’un mur de son), dans lequel on ne distingue pas grand-chose. Cette masse sonore demeure assez présente d’un bout à l’autre de leur 5e album. Sur ce point, c’est sans doute l’influence de Mudhoney (After The Rain) qui se fait sentir plus que tout autre groupe. Certains autres moments plus mélodiques mais quand même bien rock, comme la toute dernière Slow Faucet, tombent plus dans la mire des fans des Mercury Rev. Une belle variété, mais un manque de fini sonore.

- Desc. : Post-punk
- R.S.V.A. : Gang Of Four, Minutemen, Pere Ubu

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