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SALON DU DISQUE ET DES ARTS UNDERGROUND DE MONTRÉAL

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Obscurities

MERRITT, STEPHIN

Merge

vendredi 28 octobre 2011, par Vanessa Hauguel

(3.5/5) Obscurities sorti le 23 août dernier, est composé de 14 titres dont plusieurs morceaux inédits des différents bands affiliés à Merritt (The 6ths, Buffalo Rome et The Gothic Archies) précédent l’album culte 69 Love Songs de The Magnetic Fields. On y retrouve quelques morceaux de choix et quelques ovnis aussi.

L’album nous fait passer par plusieurs couleurs et teintes de l’Arc-en-ciel à Merritt. Du Country, avec Plant White Roses, en collaboration avec Shirley Simms, à l’électro clash, comme sur Rot in The Sun et Rats in the Garbage of the Western World, l’album réussit, on ne sait par quel tour de passe-passe, à garder une belle cohésion. Peut-être puisque Merritt nous ressort des pièces toutes un peu abracadabrantes, dont certaines poignantes. D’autres plus expérimentales, plus cafouillies aussi, qui passent plus inaperçues.

Beach-a-boop-boop, rock et surf, est justement pas inintéressante, mais incomplète, elle sent l’artiste à l’essai, qui fait dans le léger, question de se divertir. Ce n’est pas plus mal non plus. Take Ecstacy with Me, avec Susan Anway, nous amène dans des expérimentations plus accomplies.

Ouvrant avec Forever and a day, il ouvre d’ailleurs l’album comme on ouvrirait, ou plutôt fermerait un livre, de contes peut-être, sur un air de vieilles ritournelles mélancoliques des années 50. Il enchaîne ensuite avec des tonalités résolument modernes, proches de Diamond Rings par instant et de Depeche Mode.

Parmi d’autres titres, une chanson tirée d’un musical de science fiction : Song From Venus. On pourrait dire que Merritt a lui aussi, quelque chose d’un film de science-fiction, d’autant plus avec cet album, qui rend possible quelques escales dans le temps, grâce aux tonalités d’une autre époque et son aboutissement dans un espace atemporel, l’espace de Merritt finalement. Toujours avant-gardiste, ou à part, dans sa marge, il use tantôt de distorsions, puis de refrains accrocheurs, pour nous aimanter.

Ses thèmes bifurquent entre l’amour, les relations et des thèmes d’ordre plus génériques, sociaux, esquissant ses idées, pour ne pas dire esquivant, de façon abstraite, laissant toujours place aux sens multiples et ambigus.

Finalement, cet album met en scène, comme une comédie musicale, diverses passages et directions musicales de Merritt, dans une cacophonie assez remarquable et bien sympathique pour un album « compilation ». Expérimentations précaires parfois, soit, mais l’ensemble mérite une certaine attention, pour ces petits moments de plaisir ou de ravissement qu’il procure.

Le point fort de ces pièces parfois touchantes, reste les harmonies et les thèmes à la fois universels et obscures qui nous transportent ailleurs ; Obscurities, quoique inégal, fini par retracer quelques pas du génie de l’auteur prolifique. Un incontournable pour tous bons fans de The Magnetic Fields, de Merritt ou de ce genre…transgenre.

- Desc. : Indie pop, synth pop
- R.S.V.A. : Depeche Mode, Clears, The Bundles

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