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SALON DU DISQUE ET DES ARTS UNDERGROUND DE MONTRÉAL

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Mines

MENOMENA

Barsuk

mercredi 29 septembre 2010, par Éric Dumais

(3.5/5) Le trio Menomena, dont le nom fait référence au mot de langue anglaise « phenomena », est originaire de Portland, une ville de l’État de l’Oregon. Les membres viennent de larguer, le 27 juillet dernier, leur troisième effort en carrière, qu’ils ont intitulé simplement Mines. Avec cet opus, il est toujours question de mélodies rock progressives, lesquelles sont à la limite de l’electronica ambiante et du free-jazz, mais il se dégage une soudaine tranquillité, voire une certaine retenue avec laquelle nous sommes un peu moins habitués. Mais ne vous en faites pas, le résultat est sublime.

Ce nouvel album a été enregistré et mixé par le logiciel Deeler, une version allégée de Digital Loop Recorder, qui a été créée par le guitariste et claviériste Brent Knopf, alors qu’il était encore au collège. Là où réside la force de Menomena, c’est au moment de la création : ils programment tour à tour un tempo dans Deeler, alors qu’un autre enregistre une partition, tâche à laquelle contribuera un prochain candidat, et ainsi de suite. Menomena a ainsi enregistré une centaine de « loops » lors de la création de Mines, comme si les chansons de l’album étaient les pièces d’un casse-tête qu’il fallait assembler ensemble pour obtenir un résultat final.

Et comment décrire ce nouveau chapitre ? À vrai dire, Mines est un album plus ouvert et beaucoup moins spontané que les précédents, non pas que Friend and Foe (2007) était rapidement consommé. Au contraire, ce dernier est probablement le disque le plus accompli de Menomena, ou le plus ambiant, oserais-je dire. Chaque pièce était imprégnée d’une ambiance sombre et morne vraiment délicieuse, à la mode Liars, et à laquelle on s’attachait immédiatement. Mines est aussi légèrement plus expérimental. La meilleure pièce, Queen Black Acid, introduit tout en douceur ce nouvel effort, avec un chant doux et reposé, une guitare électrique vraiment stimulante, et des ambiances synthétiques composées à point. Vous aimerez assurément le caractère plus frondeur de TAOS, la délicatesse sur Tithe, et les nombreux contrastes sur BOTE.

Menomena nous sert comme à l’accoutumée un album complexe, à travers lequel s’enchaînent et s’entremêlent divers styles musicaux qui s’harmonisent toujours bien ensemble, et qui n’agacent jamais notre écoute.

- Desc. : Indie rock décousu
- R.S.V.A. : Animal Collective, TV On The Radio, The Dears

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