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SALON DU DISQUE ET DES ARTS UNDERGROUND DE MONTRÉAL

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We must become the pitiless censors of ourselves

MAUS, JOHN

Ribbon Music

jeudi 13 octobre 2011, par Frédérick Galbrun

(3/5) Dans la série télévisée “Quantum Leap”, Le Dr Sam Beckett voyage dans le temps en prenant possession de différents corps d’individus proches d’une personne en voie de faire des mauvais choix (en gros). Par ses interventions, il parvient à changer le cours de l’histoire et tout finit bien, même s’il souhaite constamment revenir à sa vie et dans sa famille. John Maus est un peu comme le Dr. Beckett sur son plus récent disque alors qu’il semble habiter le corps d’une personne vivant en, disons 1980 année de sa naissance, et a la capacité d’influencer cette personne avec ses capacités actuelles, bien à lui. D’ailleurs, il porte lui aussi le titre de docteur mais en philosophie, ce qui influence directement le choix d’un titre aussi abscons.

John Maus est surtout connu comme un collaborateur du plus connu Ariel Pink et l’influence de ce dernier infuse ce nouveau disque (ou l’inverse…). Pour tenter de renverser la vapeur, un livre vient d’être récemment édité sur Precinct, intitulé « Heaven Is Real : John Maus and the Truth of Pop », qui aborde la démarche de Maus et le qualifie d’épitome de l’artiste postmoderne. Il semble donc que la musique pop soit restée figée dans les années 80. Car c’est ce à quoi nous avons droit avec ce plus récent opus ; un pastiche « goth-wave » sans grand relief mais rudement bien fait. La seule chose qui distingue Maus de ses prédécesseurs, est probablement l’utilisation surabondante d’effets dans la voix, rendant les paroles quasi-incompréhensibles. L’abus d’écho et de « reverb » dans la voix relègue les paroles à l’arrière-plan ce qui ajoute une touche onirique à l’ensemble. Vous avez dit « hypnagogique » ?

On peut se questionner quant à savoir si la musique pop des années 80 représente la quintessence de la culture populaire et si elle justifie les arpégiateurs de synthétiseurs et les boîtes à rythmes synthétiques et sèches, qui forment le gros de la trame musicale. Le chant de crooner, rappelant vaguement Scott Walker, est somme toute intéressant et les lignes rythmiques de la basse sont entraînantes sur plusieurs morceaux. Mais il manque quelque chose. Possiblement une véritable nostalgie, ou une absence de romantisme en raison de l’incompréhension des paroles. Il y a pourtant une émotion qui déborde, une douleur à fleur de peau comme sur « Believer » et des textes qui pourraient êtres intéressants si seulement ils étaient compréhensibles…

Par ailleurs, les références musicales sont trop nombreuses pour ne pas décrier l’aspect référentiel de la chose et, par le fait même, son manque d’originalité.

- Desc : goth-wave hypnagogique
- R.S.V.A. : Depeche Mode, Joy Division, Lacrimosa

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