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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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Artificial Fire

MANDELL, ELENI

Zedtone

mercredi 9 septembre 2009, par Nicolas Pelletier

(4/5) Mademoiselle Mandell est à cheval entre deux styles : assez jazz pour être invitée à notre grand rassemblement estival montréalais, assez rock pour plaire aux amateurs d’indie rock. Ceux-ci seront d’ailleurs ravis de la découvrir dans un univers plus électrique que jamais, « Artificial Fire » étant souvent plus influencé par PJ Harvey (ce que l’on sent dès la chanson titre, en entrée) que Keren Ann et Feist, comme s’était le cas avec « Miracle of Five ».

C’est d’ailleurs ce prédécesseur qui a largement contribué à sa popularité. Avec sa voix grave, tout en douceur, la Californienne charmait avec ses moments intimes où elle dévoilait des parcelles de vie qui ne durent que quelques secondes, comme les instants précédant un baiser. Sur « Artificial Fire », les textes sont toujours aussi intimes, mais cette fois, Eleni a un peu plus mal. On sent tout au long de l’album l’amertume d’une déception amoureuse, ce qui explique peut-être le côté plus agressif et brut de sa musique.

Toujours aussi efficace pour dépeindre des moments très personnels et sentimnetaux (la très belle Don’t Let It Happen), Mandell sait être touchante, dévoilant son quotidien (Personnal), comme ses démons intérieurs.

Durant ses chansons plus douces, parce qu’il y en a quand même plusieurs, Mandell retourne au style de Feist, Keren Ann et campagne. Au fond, il y a très peu de jazz sur cet album, conçu avec une belle variété de styles et de rythmes. L’ordre des 15 titres fait aussi que l’énergie revient de plein fouet (Cracked, à la Pretenders) apres quelques chansons plus calmes.. En concert au FIJM l’été demier, Mandell avait un peu déçu, son tour de chant ne semblant pas vraiment complètement rodé. Le haut volume de la batterie et des guitares rock l’obligeant à chanter plus fort (ou à se faire enterrer), elle n’avait pas réussi à recréer sur scène la même ambiance feutrée qu’on connaît sur disque, ni à mettre sa superbe voix grave en valeur. Sur disque, tout cela est mieux dosé, mieux contrôlé.

Au bout du compte, le huitième aIbum de cette imprévisible Californienne fera la liste des meilleurs de la cuvée 2009 pour bien des critiques. À l’instar du « Reminder » de Feist, « Artificial Fire » mérite plusieurs écoutes avant d’être adoptée pleinement et sans retenue. Une fois rendus à cette étape, on ne s’en passe plus.

- Desc. : Rock intime
- R.S.V.A. : Feist, PJ Harvey, Pretenders

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