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SALON DU DISQUE ET DES ARTS UNDERGROUND DE MONTRÉAL

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Labyrinthe

MALAJUBE

Dare To Care

lundi 16 mars 2009, par Nicolas Pelletier

(4.5/5) Nos quatre chouchous de la scène indépendante québécoise reviennent envahir nos oreilles avec un autre excellent album, « Labyrinthe », qui reste dans la lignée directe du précédent, le brillant « Trompe l’œil ». Celui-ci avait séduit par son mélange de mélodies aériennes et de guitares bien senties.

Comme d’habitude, il faut tendre l’oreille pour bien saisir les paroles de Julien Mineau, mais ce phénomène est aussi intéressant que « challengeant ». Ça nous permet, à nous francophones, de décrocher du mode « compréhension complète » de la chanson et de n’écouter que les (excellentes, l’ai-je dit ?) mélodies ici livrées (la courte Hérésie). Les gars justifient cette décision en considérant la voix comme un instrument parmi les autres. J’irais jusqu’à dire qu’ils appliquent ce principe à tout le groupe : on y entend aussi bien la batterie, les claviers, la voix et la guitare électrique. Chacun mène le bal tour à tour, formant un équilibre riche et complémentaire.

« Labyrinthe » reprend exactement là où « Trompe l’œil » nous avait laissés, tant au niveau des mélodies grisantes que des arrangements trippants. Porté disparu est sans conteste un tube du calibre de Pâte filo ou Montréal -40°. « Labyrinthe » va même une coche plus loin dans la diversité des styles musicaux. Malajube passe maintenant de la pop amoureuse (Casablanca), avec envolées carrément prog à la Sigur Rós, et étire son spectre jusqu’au rock plutôt trash (333 et Les collemboles). Les moments d’accalmie (Dragon de glace) succèdent aux plus virulents, et ce, parfois même au sein d’un morceau. L’improbable rencontre de la fougue d’Arcade Fire et des mélodies bonbon de Belle & Sebastian. La finale de Christobal, dernier morceau de l’album, se transforme presqu’en hymne gothique.

Leur succès est pleinement mérité : nommez-moi le dernier groupe francophone Québécois à faire tripper tant public que critiques… « Labyrinthe » devrait connaître le même succès que son prédécesseur, et rester bien vivant et actif dans notre discothèque personnelle et collective. Bravo !

- Desc. : Prog indie rock
- R.S.V.A. : Mew, Arcade Fire, Secret Machines

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