[]

Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

Accueil du site > Musique > L > LUYAS, THE

Too Beautiful To Work

LUYAS, THE

Dead Oceans

vendredi 8 avril 2011, par Jean-François Sénéchal

(3.5/5) Après un premier album passé sous les radars en 2008, The Luyas fait paraître un nouvel opus qui suscite davantage d’émoi chez la gent critique et les adeptes de musique indépendante. Basé à Montréal, le quartette propose des mélodies qui se combinent habilement à une atmosphère ludo-onirique et une approche doucement expérimentale.

Les claviers de Mathieu Charbonneau sont au cœur de ces dix pièces qui multiplient les sonorités électroniques, les lignes simples et les digressions plus mordantes. La palette sonore du disque est enrichie par le corniste Pietro Amato et divers invités de marque, comme Owen Pallett et la violoniste Sarah Neufeld, d’Arcade Fire. On ne pourrait passer sous silence les percussions de Stefan Schneider (également membre de Bell Orchestre, avec Pietro Amato), syncopées et ouvertes à l’expérimentation. Avec des rythmes très ponctués, le travail de la formation multiplie les répétitions, tout comme les moments de suspension ou de flottement aux textures éthérées. Des comparaisons avec Stereolab et Broadcast viennent à l’esprit, tout comme le minimaliste de Steve Reich et ses réinvestissements dans le champ pop, notamment chez Sufjan Stevens. Ne pas oublier la voix de Jessie Stein qui, faussement ingénue, appuie la dimension syncopée et décalée de l’ensemble, tant par les intonations que par les mots.

Tout au long de l’album, les arrangements font la preuve constamment renouvelée de l’inventivité des musiciens dans le cadre d’une instrumentation à géométrie variable. Ces arrangements sont à l’image d’une formation qui a décidé de voir où la création pouvait bien les mener, quitte à ne pas répondre aux attentes de tous et chacun, qu’elles soient légitimes ou non. Parce que, jusqu’à preuve du contraire, toutes les idées peuvent être bonnes, surtout si elles naissent du seul plaisir de jouer. Et chez The Luyas, c’est un plaisir qui peut être contagieux.

- Desc. : Indie-pop expérimental
- R.S.V.A : Broadcast, Stereolab, Sufjan Stevens

Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0