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SALON DU DISQUE ET DES ARTS UNDERGROUND DE MONTRÉAL

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Threats/Worship

LULLABYE ARKESTRA

Vice

mercredi 3 mars 2010, par Éric Dumais

(3/5) Lullabye Arkestra est un duo canadien formé par Katia Taylor-Small et Justin Small. Alimentés par l’amour de la musique rock n’roll, les deux jeunes musiciens de Toronto reviennent en force avec leur second opus, Threats/Worship, un ensemble d’une douzaine de chansons qui s’éloigne étonnamment du premier album, mais qui réussit néanmoins à nous ravir par son côté noir et charmeur.

Threats/Worship est un virage assez drastique dans la carrière de Lullabye Arkestra, car il manifeste une rage et une agressivité latentes que l’on ne connaissait pas de la formation jusqu’à la parution de l’album au mois de septembre 2009. Il est à noter que leur premier effort, Ampgrave, paru sur l’étiquette Constellation (que l’on connaît notamment grâce aux excellents Clues, Do Make Say Think, Vic Chesnutt), avait une sonorité rock n’roll garage vraiment étonnante, qui les démarquait des autres formations du même genre, et qui leur accordait, en ce sens, le mérite d’être réellement uniques. L’album était en effet jazzy, mélodieux, voire smooth, et les mélodies variaient constamment de fil en aiguille. Cette fois-ci, Katia et Justin ont décidé de jouer les durs à cuire et de se défouler avec Threats/Worship.

Get Nervous, la pièce d’ouverture, transpire à grosses gouttes la transformation musicale de Lullabye Arkestra. La basse est largement distorsionnée, les notes sont lourdes et graves, et les percussions résonnent de manière cacophonique dans nos tympans. On sent une rage incommensurable ressurgir des textes de la formation. Les paroles sont plus engagées, car elles dénoncent la politique de Bush et ses répercussions, mais elles explorent aussi des territoires plus intimes et mystérieux comme le désir et la haine, deux des trois poisons proscrits par le bouddhisme. Il faut dire qu’à l’écoute, l’album arrive difficilement à nous faire apprécier les mélodies violentes du duo. Il faut lui laisser une chance et s’habituer au chaos musical dans lequel il nous plonge. Katia Taylor-Small crie beaucoup, mais on finit par aimer le résultat et on croirait entendre, à quelques reprises, des échos de la voix magnifique de Sarah « SIN » Blackwood de la formation rockabilly Creepshow.

Ce deuxième effort est, comme je l’ai mentionné un peu plus tôt, un changement majeur dans la carrière de Lullabye Arkestra. Pour ceux qui espèrent retrouver une suite à Ampgrave, vous serez déçus, car nous sommes à des années-lumière de cet album. Pour ceux qui n’ont pas peur du changement, osez, vous ne le regretterez pas.

- Desc. : Rock n’roll garage duo
- R.S.V.A. : Orphan, Torche, Dead Moon

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