[] [] [] [] [] []

Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

Sisterworld

LIARS

Mute

vendredi 7 mai 2010, par Éric Dumais

(2.5/5) Il semble que les membres de la formation américaine Liars prennent un malin plaisir à déstabiliser leur public, car depuis leurs débuts en 2000, jusqu’à la sortie de leur plus récent opus Sisterworld en mars 2010, Angus Andrew, Aaron Hemphill et Julian Gross pataugent dans une mare remplie à ras bord de styles musicaux totalement disparates qu’ils s’amusent à assembler, à disloquer et à twister pour accoucher d’un son unique et totalement nouveau. Évidemment, ils ont répété la même recette sur ce cinquième opus, mais il semble étonnamment qu’ils se soient égarés en cours de route.

Sisterworld marque une grande avancée dans leur carrière musicale puisqu’il compile à la fois les débuts du groupe sur l’album They Threw Us All In A Trench And Stuck A Monument On Top (2001), la période rock noise expérimentale que l’on a connu grâce à They Were Wrong, So We Drowned (2004), la phase rock progressif sur l’excellent Drum’s Not Dead (2006), mais aussi l’expérimentation pop-rock qu’ils avaient exploré avec leur quatrième opus, Liars (2007).

Après une brève exploration de la discographie complète de Liars, on constate assez rapidement que Sisterworld s’avère un album beaucoup plus sombre que les précédents, puisqu’il nous entraîne plus intensément que les autres dans un univers noir, quasi apocalyptique, où s’affrontent vaillamment le chant divin d’Angus Andrew, les guitares électriques saturées du duo Andrew-Hemphill et la batterie complètement déchaînée de Julian Gross. Sauf que l’on constate, cette fois-ci, la présence intrigante de certains éléments que l’on retrouvait moins par le passé, notamment des accords de violons sinistres et une basse hypnotisante à ses heures. Malheureusement, avec Sisterworld, le trio n’a pas réussi à faire durer le plaisir comme auparavant, étant donné qu’après les sublimes Scissor et No Barrier Fun, le groupe semble s’essouffler et perdre à grande dose leur inspiration qui semblait pourtant inépuisable. Chaque nouvelle pièce de l’album s’écarte un peu plus de la précédente, jusqu’à nous perdre complètement dans la foulée de cet univers glauque et expérimental.

Je vous conseille fortement de prêter l’oreille à ce nouveau matériel, car il est possible que ce changement de direction ne plaise pas à tous et qu’il s’avère finalement une expérience complètement différente de la mienne. Bonne écoute !

- Desc. : Rock noise expérimental
- R.S.V.A. : No Age, The Fall, A Place To Bury Strangers

Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0