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SALON DU DISQUE ET DES ARTS UNDERGROUND DE MONTRÉAL

Blood, Looms and Blooms

LEILA

Warp

jeudi 17 septembre 2009, par Nicolas Pelletier

(4/5) On classe Leila dans l’électronica mais cette artiste, collaboratrice de Björk depuis « Debut » en 1994, est bien plus que ça : elle est une habile musicienne touche-à-tout, capable, effectivement, de produire des sonorités ambiantes très réussies (la pièce Mollie, en entrée), mais également des titres d’inspiration plus originale, (Time To Blow) où la DJ utilise des sons concrets pour concevoir la rythmique, en plus de l’arsenal artificiel habituel.

Leila a débuté en tant que claviériste puis évolué en ingénieure du son pour son amie Björk, avec laquelle elle a également beaucoup tourné, ainsi qu’avec le groupe Galliano. Née en Iran, elle a grandi à Londres. Leila est l’une des rares DJ féminines de notoriété internationale.

Ses beats sur ce 3e album, sorti 9 ans après les deux premiers, sont souvent extrêmement accrocheurs (Little Acorns, avec son style dansant, à la Jim Noir) et les mélodies chantées peuvent rappeler Portishead (Daisies, Cats and Spacemen, qui pourrait aussi figurer dans un soundtrack de James Bond, vu son ton mystérieux) à certains moments, ou à RJD2, à d’autres. Leila ne manque pas d’humour lorsqu’elle utilise des voix d’enfants hispanophones pour chanter des refrains, ce qui donne une petite allure de Mano Negra (époque Casa Babylon) modernes à sa musique. Autres grandes forces de Leila : la qualité de ses sonorités et la belle diversité de styles musicaux d’une chanson à l’autre. Sa musique est parfois si radicalement différente d’un titre à l’autre que l’on croit écouter une compilation de DJ regroupant différents artistes ou des versions remix. Cela est peut-être dû aux 9 années de travail durant lesquelles Leila a amassé des idées et des sons à gauche et à droite. On saute du trip hop pur à l’électro, style à l’autre avec aisance. Le morceau le plus riche est sans doute Mettle, qui vire presqu’au dubsteps avec sa basse à effets. Certains moments sont toutefois étranges, comme cette reprise de Norwegian Wood des Beatles qui, curieusement, reprend le texte - maladroitement - alors que la musique s’en va dans une tout autre direction.

Leila collabore avec différents artistes qui colorent la musique du duo de leurs voix (Roya Arab, Terry Hall - ex-chanteur des Specials -, Luca Santucci, Khemal, Thaon Richardsn, Scaming To, Martina Topley Bird) ou de leurs instruments (Andy Cox, Justin Percival, Lance Shephard aux guitares, Zan Lyons au violoncelle et Sabina Doobay et Kweku Aacht aux clarinettes).

Leila produit également des ambiances instrumentales plus génériques (Carples) mais la qualité sonore utilisée est telle que cela justifie d’avoir conservé ces pixels en mémoire et d’utiliser ces morceaux comme interludes. Ce "Blood, Looms and Blooms" a été publié sur l’étiquette Warp. Ne vous laissez pas rebuter par la pochette aux allures futuristes : la musique de Leila est bel et bien de notre époque. Un excellent album riche et diversifié.

- Desc. : Électro varié
- R.S.V.A. : Portishead, Tricky, Aphex Twin

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