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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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Sous les arbres

LECLERC, SALOMÉ

Audiogram

samedi 5 novembre 2011, par Nicolas Pelletier

(4/5) Cette jeune auteure-compositrice-interprète débarque avec panache avec un premier album hanté, habité, fort d’une présence à la fois charmante, captivante et touchante. Oh, les chansons de Salomé Leclerc ne contiennent pas beaucoup de soleil, mais elles ne sont pas inintéressantes pour autant. La jeune femme a un talent fou pour faire passer des émotions intimes, douloureuses, des blessures, tout en créant des ambiances qui permettent de plonger avec elle dans ses peines. On n’avait pas entendu ça depuis la superbe « Nuit dérobée » des Chiens d’Éric Goulet.

Ce ne sont pas chacune des douze chansons de Mlle Leclerc qui sont renversantes, mais aucune n’est mauvaise. Certaines sont magnifiques et captivantes. Elles font partie d’un tout qui dépeint une fille qui souffre d’un amour difficile à perdre (Longue saison) dont on sent qu’elle arrive tout juste à se défaire (la magnifique Ne reviens pas, la pierre angulaire de l’album). Ça sent le deuil d’un grand Amour, ça sent l’introspection, la remise en question. Mais n’allez pas croire que Salomé Leclerc pleurniche dans son coin. Non, la fille est forte, articulée et sait mettre le mot sur les choses, tout en les enveloppant d’une poésie assez vague pour permettre à l’auditeur d’y retrouver des éléments qui lui rappelleront son propre parcours. Son langage est pourtant assez familier, semblable à celui de Philippe B, un autre excellent auteur. « T’auras qu’à changer d’adresse / Tu pourras languir sans moi, je m’en fous / Au moins si l’amour nous laisse / Le bonheur aura parlé de nous » chante-t-elle le défi et l’amertume simultanément dans la voix, sur Ne reviens pas. Quelques mélodies envoutantes apparaissent ici et là, le temps d’un refrain génial (Garde-moi collée).

Quelqu’un a un jour eu la bonne idée de suggérer à Salomé Leclerc d’interpréter ses chansons seule à la guitare électrique plutôt que sèche, comme sur Volcan. Ça provoque de magnifiques ambiances hantées qui rappellent les Jean-Louis Murat, Françoiz Breut, Émily Loizeau (qui a réalisé cet album) et, encore une fois, Éric Goulet. La voix de Leclerc est claire et puissante, avec des petites pointes ressemblant à celle d’Ariane Moffatt, sans le soleil dans la voix de cette dernière. Les arrangements audacieux de certaines pièces, comme la touchante Partir ensemble, confèrent à Salomé Leclerc le titre d’ « Agréable surprise sortie de nulle part » de 2011. Voilà une artiste de talent, bien entourée, avec un goût musical évident, ce qui, espérons-le, l’empêchera de sombrer dans la pop commerciale. Citant Richard Desjardins, Cat Power et PJ Harvey comme influences musicales, Salomé Leclerc risque de ne pas tomber dans la variété. Enfin, souhaitons-le !

La jeune femme a d’abord été batteuse dans le groupe mené par ses frères, mais c’est à « Secondaire en spectacle » qu’elle prend son envol. Puis déferlent les récompenses : le prix de la SODEC lors de l’édition 2006 de Cégep en spectacle, le prix de la SOCAN du Festival international de la chanson de Granby (2009) et le prix Hydro-Québec de la meilleure chanson de l’année au concours Ma première Place des Arts, la même année. Invitée aux Rencontres d’Astaffort, elle est complimentée par Francis Cabrel puis fait la connaissance d’Emily Loizeau. Sous les arbres a été enregistré à Paris puis mixé à Montréal, au studio Hotel 2 Tango, par Howard Bilerman. Un nouveau talent à suivre !

- Desc. : Pop intime
- R.S.V.A. : Éric Goulet, Philippe B, Marie-Pierre Arthur

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