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SALON DU DISQUE ET DES ARTS UNDERGROUND DE MONTRÉAL

That’s How We Burn

JAILL

Sub Pop

lundi 17 janvier 2011, par François Crevier

(3.5/5) Jaill est une des nouvelles recrues du légendaire label Sub Pop, ce qui en soit attire déjà l’attention. Autre élément fascinant : le groupe provient de Milwaukee. C’est à l’évidence une tare assez inacceptable, mais remarquez qu’on n’a pas tous la chance d’être nés à Laval-des-Rapides.

Donc, une fois que ces futiles considérations ont été mises de côté et que l’on se concentre un chouïa sur les propositions musicales du groupe, force est d’admettre que cet album rentre au poste comme on dit.

Paru en 2010, leur 2e album intitulé That’s How We Burn est au premier abord une mixture des plus divertissantes. Extrêmement dynamiques et rythmées par une guitare pleine de reverb, ces compositions forment un magma post-punk extrêmement puissant qui éveillera instantanément l’ado qui sommeille dans votre sous-sol intérieur. Malgré le côté bouillonnant de leur musique, les membres du groupe maîtrisent parfaitement la bête et les chansons s’enchaînent à un rythme effréné, et ce, avec une précision d’horloger !

Malgré son énergie, on ne saurait toutefois classer cet album dans la catégorie punk car on y trouve aussi plusieurs épanchements pop. C’est le cas d’Everybody’s Hip, qui enchantera les adeptes d’une pop qui décoiffe et de The Stroller, qui possède tous les attributs d’un « hit » radiophonique. Enfin, on pourra reprocher au groupe d’être à l’occasion un peu trop près de certaines de leurs influences. Par exemple, la chanson Baby I rappelle beaucoup The Shins, tandis qu’à de multiples occasions on croirait entendre la voix de Billy Corgan, ou même celle du chanteur de Marcy Playground. Franchement, cela agace un peu, mais il s’agit probablement davantage d’une question de timbre de voix que d’un emprunt délibéré.

On comprendra donc que Jaill, malgré ses deux « L », ne s’envole pas vers les hauts sommets avec ce disque, mais il s’agit sans contredit d’un bon petit espresso juste assez sucré. Consommé d’un trait en guise de remontant, il vous permettra de rétablir temporairement votre état de vigilance intellectuelle en cas de fatigue et ne risque pas de vous tuer, contrairement à un Red Bull ; ce qui lui procure un net avantage sur la boisson énergisante. Sans compter que Jaill vient de Milwaukee, royaume de la bière et du « biiiiseball ». Mais ça on avait dit qu’on en parlait plus.

- Desc. : Indie rock
- R.S.V.A : Wavves, Harlem, Ted Leo and the Pharmacists

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