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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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Why Should I Get Used To It

LALLY JOE

Dischord

lundi 27 juin 2011, par Nicolas Pelletier

(3/5) Il est toujours agréable d’avoir des nouvelles d’anciens amis qu’on n’a pas vu depuis longtemps. Joe Lally n’est pas une connaissance personnelle de l’humble chroniqueur qui partage ses découvertes musicales dans ces pages. Mais le fan de Fugazi qui a usé ses cassettes du quatuor de Washington DC dans les années 1987 à 2000 est ravi d’écouter ce que produit le bassiste de la formation, malheureusement en « pause indéfinie » depuis 2003.

Mine de rien, Lally n’a jamais cessé de jouer, de composer, de tourner. « Why Should I Get Used To It” est son 3e album solo depuis 2006. Dès 1994, il fondait son propre label, Tolotta Records (distribué par Dischord Records), publiant des albums de Dead Meadow, Spirit Caravan, Stinking Lizaveta & Orthrelm. Il a ensuite collaboré avec deux ex-Frodus, Shelby Cinca et Jason Hamacher, sous les noms The Black Sea puis Decahedron. Il n’est resté avec la formation que le temps d’un EP paru en 2002. Il a ensuite travaillé avec John Frusciante et Josh Klinghoffer au sein d’Ataxia, avec lesquels il participe à deux albums parus en 2004 et 2007.

Lally n’a certainement pas une voix aussi remarquable que celles d’Ian MacKaye ou Guy Picciotto, mais il se défend bien au niveau musical. Sur Philosophy for Insects, sa frêle voix est bizarrement jumelée à des guitares dissonantes. Mais sur la pièce titre, Why Should I Get Used to It, sa voix sied mieux au style plus pop groove qu’il mène grâce à son fluide jeu de basse. Lally est probablement un bassiste qui joue dans la même ligue que Flea, mais il ne peut plus compter sur une formation aussi solide.

Cet album fait un peu penser aux efforts solo de musiciens de grands groupes : ceux de Dave Navarro et John Frusciante sans Jane’s ni Red Hot, de Dave Graham sans D-Mode. On apprécie le talent et les efforts du gars qu’on entend dans un nouveau contexte, autre que celui d’un effort collectif... mais la sensation de manque est omniprésente. À plusieurs moments, il m’est arrivé de souhaiter plus de cohésion (Let it Burn) et/ou plus de caractère au niveau vocal... Deux éléments très forts chez Fugazi, on en conviendra facilement.

Si on arrive à oublier le passé de Joe Lally, on y entend une musique lente, solide, variée et souvent assez douce (la belle Ministry of the Interior). Quelques grooves de basse sont remarquables (l’excellente Last of the Civilized), ce qui est attendu de la part de Lally, mais ce sont dans ces moments où l’absence d’un(e) chanteur(euse) haut de gamme se fait particulièrement sentir. Dans un autre registre, Daniel Lanois l’a réussi avec Black Dub. Des idées pour mon ami Joe...

- Desc. : Indie-rock
- R.S.V.A. : Unrest, Frank Black, Antelope

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