Joan of Arc, mené par Tim Kinsella (chanteur de Cap’n Jazz), décida d’œuvrer dans un créneau expérimental, alors que The Promise Ring favorisa une approche pop punk. Flowers, le treizième album (en presque autant d’années) de Kinsella, se veut à l’image de la discographie de Joan of Arc : hermétique, impénétrable, capable du meilleur, comme du pire.
Kinsella, seul membre permanent de la formation, a toujours privilégié l’enregistrement d’une surabondance de pistes, comme l’exploitation exagérée d’échantillons, ainsi que l’utilisation, dans les textes, d’un humour confus et d’une poésie trompeuse. Flowers ne s’éloigne guère de la signature du puceau de l’Illinois. Déchiffrer les paroles de Fogbow s’éternise en incohérence. Flowers, à l’instar de l’œuvre de Joan of Arc, manque aveuglément de mélodies fortes, voire de chansons pouvant devenir un succès. Il faut attendre Explain Yourself #2, le cinquième morceau, pour entendre une rythmique digne de ce nom. S’ensuit une série de morceaux tous plus disparates les uns des autres, procurant à l’ensemble une absence flagrante de linéarité et de cohésion.
Si la musique se doit de transgresser les règles établies de structures et de conventions, il faut, dans le cas de Flowers, crier au génie. Si, en revanche, on préfère les refrains où il fait bon s’égosiller à l’unisson, il faudrait plutôt parler d’un désastre.
Desc. : Indie rock expérimental
R.S.V.A. : Cap’n Jazz, Califone, Isotope 217
