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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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El Pintor

INTERPOL

Matador

mercredi 29 octobre 2014, par Pascal Dumont-Julien

(2/5) Tributaire de la résurgence Post-Punk et Garage-Rock du début des années 2000, la formation new-yorkaise Interpol a contribué à l’émergence du mouvement Indie-Rock aux côtés des Strokes, White Stripes et autres Hives. Toutefois, après avoir connu le succès critique et populaire avec ses deux premiers disques (Turn On The Bright Lights, 2002 et Antics, 2004), les attentes se sont multipliées face à la suite des choses. Our Love To Admire (2007) et surtout Interpol (2010) ont été défavorablement comparés aux deux premiers enregistrements. Selon certains, le passage de l’étiquette indépendante Matador vers Capitol Records aurait miné la crédibilité du groupe. Pour d’autres, la place grandissante accordée au synthétiseur aurait édulcoré son intensité musicale. Que l’on aime ou pas la direction prise par Interpol sur ces deux albums, on ne peut reprocher l’effort déployé pour faire évoluer les compositions, en témoignent des chansons telles Pioneer To The Falls, Rest My Chemistry, Success ou Lights.

C’est donc en septembre dernier, après une pause de quatre ans, qu’Interpol faisait paraître El Pintor, son cinquième disque. En ouverture, après une courte introduction planante, All The Rage Back Home surprend par son énergie. Mais cet aspect presque punk disparaît dès la pièce suivante (My Desire). On retourne alors dans ce paysage familier où les mélodies réverbérées du guitariste Daniel Kessler se superposent les unes aux autres en lents crescendos, appuyant la voix spectrale de Paul Banks.

À mesure que l’album se dévoile, on observe que le groupe semble vouloir recréer la sonorité de ses débuts. Ce faisant, Interpol se lance un défi périlleux, car bien des choses ont changé depuis, notamment le départ du bassiste Carlos Dengler en mai 2010. El Pintor est le premier disque enregistré sans celui-ci, Paul Banks ayant pris la relève. On constate rapidement l’importance de l’ancien membre puisque, malgré un travail honnête, les lignes de Banks n’ont pas le souffle de celles de Dangler. Ceci affecte les jeux de guitares de Daniel Kessler qui flottent parfois dans le vide, mais surtout la batterie de Sam Fogarino qui perd en dynamisme. On est loin de la redoutable efficacité de pièces comme Obstacle 1 ou Evil.

El Pintor contient son lot de belles choses : All The Rage Back Home, My Desire, Anywhere et Tidal Wave sont des titres mélodiquement intéressants, mais le manque de créativité dans la composition et l’aspect diffus de la section rythmique font en sorte que les chansons tombent à plat et s’enchaînent sans générer un réel enthousiasme. On retrouve une formule qui a plu, mais dix ans plus tard, celle-ci a perdu de sa pertinence, le genre ayant évolué grâce aux nombreux émules du groupe. Il est bien triste de constater qu’Interpol semble être devenu l’ombre de ce qu’il a été.

- Desc. : Post punk, indie rock
- R.S.V.A. : The Twilight Sad, The National, Editors

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