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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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La fuite

HUSKY, LE

Grosse Boite

lundi 5 juillet 2010, par Éric Dumais

(3.5/5) Yannick Duguay, alias Le Husky, est enfin de retour avec un deuxième élan, le tranquille et tragico-comique La Fuite. Suite un peu plus posée de l’intrigant Chanson moderne pour cynique romantique (2008), ce nouvel opus nous fait redécouvrir un musicien au talent indéniable, qui semble s’être enfin libéré de ses démons intérieurs.

Le Husky, à l’époque de son premier opus, était le portrait craché du jeune Montréalais aux idées noires et à la poésie grave. Chanson moderne pour cynique romantique est en effet une œuvre sombre, spontanée et intime, que l’on a perçue comme étant le jardin secret d’un jeune homme aux prises avec des histoires personnelles troublantes mais touchantes. Souvenez-vous de la déstabilisante Mourir comme un chien, au sein de laquelle il chantait si tristement, comme un homme aux abois : « J’ai peur de mourir comme un chien, abandonné des miens, misérable au petit matin… ». Avec La Fuite, Yannick Duguay explore à nouveau les différentes facettes de l’existence, mais cette fois-ci avec un enthousiasme et une bonne humeur qu’on ne lui connaissait pas encore.

La chanson Le Phénix marque un nouveau départ pour le jeune artiste québécois. Le chant est beaucoup plus inspiré, plus calme aussi, et la mélodie frivole inspire la vitalité et l’espoir. La Maison Hantée, la pièce la plus ludique de l’album, explore une dimension nouvelle à laquelle nous ne sommes pas très habitués avec Yannick Duguay. Les paroles, de fait, sont très fantaisistes et rappellent un peu les histoires qu’a l’habitude de nous raconter Fred Fortin : « Apporte ta lampe de poche, pour pas qu’on s’pète la gueule. D’après c’que j’ai entendu, y’aurait des choses qui bougent tout seul. On aurait vu des fantômes, c’est sûr, il fait tellement sombre… ». La mélodie est très entraînante et en plus, Yannick Duguay est accompagné par la voix douce et enfantine de Fanny Bloom. Par contre, la meilleure pièce de l’opus demeure indéniablement l’excellente Chambre noire, car il n’est pas d’instant plus dramatique, plus intense et plus poignant sur l’album que celui-ci. La mélodie pop électronique est sidérante, et les paroles, d’une poésie divine.

Le Husky, avec ce deuxième effort, signe un opus remarquable qui se compare à celui de grands artistes de chez nous. Que l’on pense à Dumas, pour l’atmosphère dramatique surchargée, à Fred Fortin, pour la qualité étonnante des textes, et à Navet Confit, sans doute pour les moments un peu plus ludiques.

- Desc. : Pop moderne
- R.S.V.A. : Dumas, Chinatown, Malajube

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