[]

Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

Accueil du site > Musique > H > HOOP, JESCA

The House That Jack Built

HOOP, JESCA

Bella Union

jeudi 16 mai 2013, par Nicolas Pelletier

(4/5) Charmant – très charmant ! - album d’une artiste à la voix assurée, à l’originalité assumée et au sens mélodique développé. Cette américaine originaire de Santa Rosa en Californie chante comme une vétérane alors qu’elle n’a que 38 ans et quatre disques et deux EP derrière la cravate !

Quelques passages de son parcours de vie expliquent sans doute cette assurance. Née dans un environnement mormon, la jeune Jessica Alba Hoop chante des airs folk traditionnels dans une chorale. Elle quitte cette culture lorsque ses parents divorcent et s’occupe d’enfants au Wyoming et en Arizona, travaillant également dans un centre de réhabilitation pour enfants. Elle devient ensuite la « nanny » des enfants de Tom Waits et Kathleen Brennan (son épouse qui coécrit et réalise les albums de son célèbre mari).

Elle griffonne ses premières chansons à cette époque, ce qui fera dire à Waits que « les chansons de Jesca Hoop sont comparables à une baignade dans un lac en soirée ». Il n’en fallait pas plus pour que Columbia Records signe le jeune talent, livrant son premier opus « Kismet » en 2007, pour ensuite rapidement abandonner l’artiste à son propre sort. Hoop ne se décourage pas et tourne en support de plusieurs groupes comme Elbow, Polyphoric Spree, Mark Knopfler et Andrew Bird. Elle déménage à Manchester pour enregistrer un second disque en 2009, « Hunting My Dress », sous l’aile de Guy Garvey, chanteur d’Elbow. En 2010, elle s’implique dans un projet venant en aide aux femmes congolaises, part en tournée avec The Eels puis devient choriste de tournée pour Peter Gabriel (2011) dont on sent aussi l’influence.

De prime abord, elle charme par son fort accent, unique dans le paysage sonore. Les empreintes culturelles se font sentir dès le premier titre, Born To, basé sur un riff de mandoline et comprenant un bridge plus traditionnel en milieu de morceau. Dès le second, Pack Animal, on craque pour cette voix qui s’expose davantage et ces fortes mélodies immédiatement mémorables, sans jamais être télégraphiées. Il y a un peu de Florence + The Machine dans l’ambiance globale chez cette Jesca Hoop, qui retient toutefois plus d’Aimee Mann, de Tanya Donnely dans son œuvre en général, avec une touche de tUnE-yArDs pour le côté original du produit fini.

Cette musicienne fait exactement ce qu’on attend d’une artiste : un rock allumé, aux multiples airs successifs, toutes aussi captivantes les unes que les autres (écoutez bien Ode to Banksy, à la Cate LeBon) variant les ambiances d’un morceau à l’autre (l’étrange Dig This Record), un talent qu’on n’avait pas vu de façon aussi évidente depuis Beck ! Découvrir chaque élément musical à travers la dense forêt des arrangements de Jesca Hoop. Lancer des refrains archipuissants de façon aussi efficace et soudaine qu’elle le fait dans les derniers instants de When I’m Asleep n’est pas donné à tout le monde !

Elle est aussi tout à fait capable de produire de jolies chansons plus folk (D.N.R.) ainsi que de prendre un virage plus lugubre, à la Kandle ou Cat Power (Deeper Devastation) avec un panache vocal beaucoup plus imposant que ces deux dernières artistes, d’où le rapprochement évoqué avec Florence Welsh.

- Desc. : Indie pop
- R.S.V.A. : Beck, Cate LeBon, Gabrielle Papillon

Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0