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The Astral Body Electric

HERBCRAFT

Woodsist

jeudi 25 avril 2013, par Frédérick Galbrun

(3/5) Herbcraft est le projet de Matt Lajoie, guitariste de l’underground américain, qui s’est associé à cette scène « freak-folk » ayant vu le jour il y a presque dix ans. Il a fait paraître quelques albums sous le nom de Cursillistas, un projet solo de folk noir, imbibé d’effets et a fondé une étiquette de disque très intéressante : L’animaux Tryst Field Recordings. C’est cependant par sa participation aux divers projets de Matt Valentine et d’Erika Elder en tant que guitariste qu’il a réussi à forger ses armoiries à têtes de cerf et de serpent. « The Astral Body Electric » est le premier album de Matt Lajoie (autant sous Herbcraft que Cursillistas) qui bénéficie d’une distribution et d’un label intéressant. Les albums précédents, malgré leur qualité, sont demeurés beaucoup plus obscurs. En ce qui concerne Herbcraft, on parle de quelques sorties cassettes et du LP « Ashram to the Stars », paru l’année dernière, plus intense et chargé que l’album actuel.

Ce plus récent projet est une façon pour Lajoie de privilégier l’approche de groupe et de travailler une esthétique un peu plus rock. Au fil des albums, Herbcraft s’est présenté comme un projet à dimensions variables, affichant un membership ponctuel et rotatif. Pour cette sortie, Lajoie s’est constitué un groupe de base avec Dawn Aquarius aux claviers, Nicholas Barker à la batterie et au synthétiseur, et Corrina Marshall à la basse et à la flûte. Ils ont quand même accueilli deux invités pour cet enregistrement, soit Doug Tuttle et Aaron Neveu, nouveau membre du groupe Woods. La troupe a dès lors enregistré des morceaux semi-improvisées, semi-composés, en une unique séance d’enregistrement. L’approche est brute, l’idéal visé est la transe ; l’oubli de soi dans l’improvisation rock.

On constate rapidement que le côté folk de Cursillistas se retrouve noyé quand éclatent les barrières du fuzz et du delay. Ce sont dorénavant des guitares lysergiques, acidulées, qui remplissent l’espace sonore, comme si le champ du rock était envahit par l’ergot de seigle. Mais il s’agit d’une culture connue, d’une semence cultivée depuis les années 70. Le décor a des relents de déjà vu. Outre l’épouvantail habillé en hippie au milieu de l’étendue, on remarque surtout cet orgue lent et malhabile, qui traverse la scène d’une démarche ébrieuse, pour venir rendre le tableau plus intéressant. Comparativement à son prédécesseur sur vinyle, « The Astral Body Electric » respire un peu plus grâce à des passages acoustiques comme sur « Impermanence » et grâce au côté vocal beaucoup plus présent. L’utilisation abondante d’effets a des implications esthétiques importantes et la voix, traitée comme une étrangère par l’écho, ne se reconnaît même plus dans la distance. Tout comme la flûte déroutante qui accompagne le wah-wah de la guitare sur « No Land ». Le traitement sonore est digne des meilleurs moments du MV & EE Medicine Show, ce qui est tout à fait logique quand on apprend que le disque à été matricé par Matt Valentine en « Spectrasound » ; une approche sonore conceptuelle développée par Valentine qui cherche à rendre l’espace sonore vivant, tout en préconisant une fluidité des sons dans cet espace.

Malgré tout, le label Woodsist vient encore une fois nourrir l’ambivalence. Certaines de leurs parutions tentent de ressusciter l’esprit des années 70, en mettant de l’avant une esthétique expérimentale, guidée par les effets psycho-actifs des drogues hallucinogènes. Mais, autant les musiciens que les gens du label, semblent ignorer que ce ne sera plus possible. Il est intéressant de s’inspirer des concepts propres à une contre-culture temporalisée, mais on ne peut pas juste les singer. C’est parfois l’impression qui reste suite à l’écoute d’un disque tel que « The Astral Body Electric » (juste le titre est évocateur). Il semble nécessaire, voir primordial, de garder vivante la contre-culture et de continuer à l’ancrer dans des récits fondateurs autres que le discours économique. Mais la contre-culture doit demeurer vivante, figer ses référents dans une certaine époque n’aide pas à son actualisation. Car si la tendance se maintien, cette idée de contre-culture va disparaître sous la conformité de l’hédonisme et du « faire la fête à tout prix ».

Desc : Rock psychédélique RSVP : Acid Mothers Temple, MV & EE, Grateful Dead

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