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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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A Woman A Man Walked By

HARVEY, PJ & JOHN PARISH

Universal/Island

vendredi 17 avril 2009, par Nicolas Pelletier

(3.5/5) Comme il y a 13 ans, la muse PJ Harvey retrouve son compositeur, John Parish, pour produire un album « en duo ». Comme « Dance Hall at Louse Point », toute la musique y est composée et jouée par Parish, alors que les mots sont écrits et chantés par Polly. Comme en 1996, le résultat est un peu plus chaotique que ce que la belle publie habituellement, ce qui déroutera ses fans et rebutera le public en général.

« A Woman A Man Walked By », sorti le 31 mars au Canada, est une œuvre moins accessible que la moyenne des albums de PJ. Il n’en demeure pas moins extrêmement intéressant. Les airs n’y sont jamais vraiment accrocheurs, mais la recherche et les arrangements sont hors du commun. L’ambiance des chansons alterne entre le calme (The Soldier, avec banjo et piano) et les guitares échevelées, grands cris et batterie bordélique (Pig Not Will, carrément désagréable). Dans The Chair, c’est le contraste en simultané : voix planante mélodique sur musique dissonante en apparence désorganisée.

On y retrouve des éléments qui rappellent le magnifique et doux « White Chalk », (Leaving California, magnifique, et Cracks In the Canvas, à la toute fin). D’autres morceaux s’enlignent dans la furie punk de « Uh Huh Her ». Une fois cet avertissement formulé, il y a aussi d’excellents morceaux sur cet album, comme la toute première, Black Hearted Love, passionnée et fougueuse, bref, typiquement PJ comme on l’aime.

Il est facile de conclure que l’angle de composition de Parish n’est pas aussi mélodique que celui de Harvey, mais celle-ci semble tout de même s’éclater et y trouver un exutoire créatif, vu l’énergie qu’elle y investi. Il faut également reconnaître que la production de ces deux albums, menée par le grand maître Flood, est pour le moins audacieuse… et réussie ! À plusieurs moments, on peut remarquer de subtils éléments sonores qui enrichissent l’expérience (Passionless, Pointless), se rapprochant de ce que font parfois Radiohead. Du grand art. Un délice pour oreilles averties. Un plaisir croissant avec le nombre d’écoutes attentives.

Critiques anglais qui avait sacré « Stories Of The City… » meilleur album Anglais de 2001 avec un Mercury Prize et fans de PJ qui avez adoré « To Bring You My Love », « Rid Of Me » ou « White Chalk », attendez-vous à vous rebuter à une musique hermétique et peu mélodique. Le charme de PJ y opère toujours, mais probablement dans un spectre plus limité chez les fans finis de cette importante et incontournable artiste britannique.

- Desc. : Art pop/rock
- R.S.V.A. : Tindersticks, Nick Cave, Beth Gibbons

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