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SALON DU DISQUE ET DES ARTS UNDERGROUND DE MONTRÉAL

Rejoicer

GROOMS

Death By Audio

samedi 26 décembre 2009, par Éric Dumais

(3.5/5) Grooms n’est pas un nouveau groupe sorti tout droit du ventre de leur mère. À la base, les deux membres fondateurs, Travis Johnson et Emily Ambruso, ont fait partie d’une formation appelée Muggabear avant d’accoucher de Jim Sikes, un batteur qui provient de Parts & Labor et de Marnie Stern. Grooms a donc produit son premier album Rejoicer, un opus aux saveurs 80’s et aux sonorités indie rock shoegaze.

Rejoicer n’est pas un album facilement apprivoisable. Pour assimiler les nouveaux codes musicaux et l’approche quelque peu libérale du trio américain, il faut d’abord et avant tout l’écouter une bonne dizaine de fois avant d’être bien placé pour en parler. D’emblée, la pièce Dreamsucker marque bien la structure déconstruite et fragmentaire qui constitue le squelette créatif de Rejoicer. À notre grande surprise, la mélodie est rapide et rythmée, mais le manque d’harmonie nous force à plisser les yeux devant une composition aussi décousue. Avec Thumbs, on parcourt une profondeur musicale agrémentée d’accords bruyants et cacophoniques qui rappellent un peu The Flaming Lips, mais en rock encore plus sale. Plus l’album défile et plus les guitares couinent et crient de rage sur des accords glauques et saturés (At The Pool) qui font penser à A Place To Bury Strangers, mais avec une intensité désordonnée qui leur est propre. Parfois, les cordes de guitare semblent totalement désaccordées, ce qui procure à l’opus un effet surprenant et étonnamment primitif. Dans Ghost Cat, la mélodie, tellement elle est surchargée, enterre pratiquement la voix du chanteur qui rappelle, d’après certaines intonations de voix, Faris du groupe britannique The Horrors. Acid King Of Hell (Guitar Feelings), probablement la meilleure pièce de Rejoicer, mélange une voix légèrement distortionnée et des guitares déjantées qui s’expriment d’elles-mêmes. L’effet est vraiment épatant, musicalement parlant.

Le seul point négatif est peut-être le manque de conviction de la part du chanteur, qui alourdit un peu les différentes mélodies de l’album. Néanmoins, il offre une prestation tout de même étonnante avec ses poussées de lait qui le force à gueuler et à nous communiquer son intensité.

Pour les intéressés, Grooms possède un blog officiel que vous pouvez visiter à l’adresse suivante : http://groomsmusic.blogspot.com

- Desc. : Indie rock, shoegaze, 80’s.
- R.S.V.A. : A Place To Bury Strangers, Sonic Youth, Pavement

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