[] [] [] [] [] []

SALON DU DISQUE ET DES ARTS UNDERGROUND DE MONTRÉAL

Accueil du site > Musique > G > GRAVENHURST

The western lands

GRAVENHURST

(Warp)

vendredi 12 octobre 2007, par Jean-François Sénéchal

Gravenhurst est une affaire de clair-obscur. La formation de Bristol propose avec son dernier opus des pièces qui oscillent constamment entre une mélancolie claustrophobique et une sérénité retrouvée, comme si à une nuit agitée succédait toujours le matin, dissipant les peurs nocturnes… jusqu’au prochain crépuscule. Les voyages noctambules de la bande de Nick Talbot sont marqués par la distorsion et les sonorités électroniques, alors que les retours à la lumière s’expriment davantage par la guitare acoustique et la voix aérienne de Talbot. Si le précédent disque de la formation, Fires in distant buildings (2005), se voulait franchement chtonien, furetant même du côté du métal, le présent opus revient à ce qui faisait la fragile beauté de Flashlight Seasons (2004), mais sans pour autant évacuer tout excès abrasif. En vérité, Gravenhurst réussit avec The western lands un tour de force équilibriste entre ses diverses mouvances, entre la pierre et l’éther, la guerre du son et la paix de l’âme. Les deux simples de l’album expriment par ailleurs parfaitement bien cette bipolarité réussit : la pièce Hollow men, avec ses distorsions presque showgaze, directe comme un coup de gueule, et puis Trust, une pièce d’une belle sobriété, piaffant de confiance, un poil nerveuse. L’album propose également une reprise de Farewell, Farewell, une pièce autrefois interprétée par Fairport Convention, symbole des tendances folk de la formation. Mais Gravenhurst mêle les cartes et fait jouer ses influences en apportant à la pièce des textures électriques et électroniques saturées, à des kilomètres des versions traditionnelles. Ainsi va les inspirations contrastées de cette formation marquée par une tension, par un refus de choisir entre ce qui est en définitive davantage complémentaire qu’opposé. Et c’est ce qui fait sa véritable force.
- Desc. : Indie rock clair-obscur
- R.S.V.A. : Early Day Miners, Hood, Songs of the Green Pheasant

Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0