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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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1 Inch / ½ Mile

GRASSCUT

Ninja Tune

lundi 13 décembre 2010, par Éric Dumais

(4/5) Est-ce possible de trouver un vocabulaire approprié lorsque nous parlons de la formation britannique Grasscut ? Y a-t-il assez d’adjectifs qualificatifs percutants dans la langue française pour décrire avec précision l’expérience enivrante à laquelle ils nous convient ? À vrai dire, une première écoute de leur tout premier chef-d’œuvre, 1 Inch / ½ Mile, ne peut que laisser le spectateur perplexe devant autant de force créatrice. En effet, personne ne peut rester indifférent devant autant de profondeur, de vitalité et d’émotions. Écouter Grasscut, c’est être prêt à un long voyage initiatique à travers des contrées musicales tantôt désertiques, tantôt mystérieuses, mais ô combien revitalisantes.

Pour ceux qui ne connaissent pas à leur juste valeur les possibilités infinies de la musique électronique, cet album est le petit joyau qui manque à votre collection. Le duo anglais Andrew Phillips (compositeur notable pour la télévision et le cinéma) et Marcus O’Dair (spécialiste de la basse double et des synthés) a imaginé une musique électro-pop psychédélique épique, à la fois très humaine et très anxieuse, qui relève du pur génie. Il est maintenant temps de prendre une grande inspiration et d’entrer de plein fouet dans l’univers fantomatique et étrange de l’une des meilleures formations électroniques de l’heure.

1 Inch / ½ Mile est un album complexe avec lequel on se familiarise très rapidement. Les mélodies, au premier abord ardues et graves, deviennent très rapidement des airs que nous pouvons siffloter sous la douche. Il est vrai, l’orchestration est assez complexe, il serait donc étonnant que vous arriviez à reproduire l’intégralité de leurs chansons avec vos atouts buccaux. L’invitation au voyage débute avec deux plages qui décoiffent autant qu’une bonne bourrasque, c’est-à-dire High Down et Old Machines, les deux tubes de l’opus. Il faut aimer les mélodies sombres et mélancoliques au piano pour bien apprécier la première. De fait, le ton est intimiste, et l’ambiance, tranchée au couteau. Sur le plan vocal, la voix est murmurée, presque chuchotée. Pensez à Claude Debussy, une forte influence d’ailleurs, pour la mélodie, et The Antlers, Coldplay et The National pour le chant. La deuxième pièce, Old Machines, est tout simplement une réussite dont ils peuvent bien se vanter. L’univers sonore est tout simplement éblouissant, tellement il est agencé avec qualité, et encore une fois, le chant est maîtrisé avec aplomb et brio.

Si vous voulez avoir une idée plus juste lorsque vous pensez à Grasscut, imaginez une rencontre fortuite entre leurs principales influences, à savoir Claude Debussy, Brian Eno, Kraftwerk et Styrofoam, et vous serez en mesure d’imaginer les mélodies magnifiques qui parsèment ce bijou à la fois envoûtant et mystérieux.

- Desc. : Électro-pop psychédélique
- R.S.V.A. : Brian Eno, Four Tet, Styrofoam

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