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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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I.R.M.

GAINSBOURG, CHARLOTTE

Because / Warner

vendredi 12 février 2010, par Nicolas Pelletier

(3.5/5) On a fait grand bruit du nouvel album de Charlotte Gainsbourg, qui a surtout fait carrière en tant que (très bonne) actrice depuis l’adolescence. Écrasée sous la pression d’être comparée à son illustre père Serge, une icône de la chanson francophone, elle a d’abord produit un premier album avec les gars de Air (« 5 :55 » par en 2006) qui était fort agréable. Pour ce 2e album (si on ne compte pas « Charlotte For Ever » enregistré avec son père alors qu’elle n’avait que 15 ans), elle s’est tournée vers Beck – rien de moins – pour tenir le rôle d’auteur-compositeur.

Difficile de se tromper avec un collaborateur de cette trempe, et Charlotte a vu juste : la chimie fonctionne bien. Le génie musical du californien enrichissant le filet de voix de la française, à l’instar de M avec Vanessa Paradis, l’an dernier. Après plusieurs écoutes, on conclut que « I.R.M. », qui fait allusion aux accidents de santé que Charlotte a vécus en 2007 (hémorragie cérébrale), a de bons comme de moins bons moments.

Réglons d’abord un point : elle n’a pas une super voix. Sur « 5 :55 », elle faisait un rock vaporeux, à la Autour de Lucie et demeurait dans un registre qui lui allait bien : voix douce, susurrée, intime. Sur « I.R.M. », elle expérimente davantage, sortant visiblement de sa zone de confort. Si on ne peut qu’applaudir l’audace, il faut reconnaître que certains résultats sont moins éloquents, comme cette tentative de chant plus incisif sur la pièce titre, aux arrangements plus industriels. Sur Trick Pony, le rock est dans la veine de PJ Harvey, mais Charlotte n’a pas le mordant voulu. Même le classique de Ferland, Le Chat du Café des Artistes, manque de panache malgré de solides arrangements de cordes signés Beck, pas si loin de l’original. Ailleurs, on reconnaît bien les mélodies typiques du californien, (Time of the Assassins aurait pu paraître sur « Sea Changes »).

Mais à d’autres moments, Charlotte nous scie les jambes avec son immense charisme. Sur Vanities, on la sent à quelques millimètres du micro, comme si elle déposait délicatement ses mots au creux de notre oreille. À l’âge de 38 ans, Charlotte est plus belle que jamais. La musique de Beck est bien sûr impeccable. Original, varié et recherché, l’ensemble des douze chansons est une agréable suite assez cohérente mais aussi riche en sonorités. L’oreille est sans cesse sollicitée par une panoplie de sons captivants.

La brillante actrice a un avenir en chanson, mais cela lui demandera de réellement trouver sa voie. C’est sans doute ainsi qu’elle se libèrera des complexes qui la hantent et qu’elle se laissera davantage aller à la musique qui l’habite et qu’elle a envie de chanter. (NP)

- Desc. : Pop sensuel
- R.S.V.A. : Feist, Cat Power, Beck

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