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SALON DU DISQUE ET DES ARTS UNDERGROUND DE MONTRÉAL

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On the Water

FUTURE ISLANDS

Thrill Jockey

vendredi 4 novembre 2011, par Vanessa Hauguel

(4.5/5) On the Water, le troisième album de la formation de Baltimore nous transporte dans les grands espaces, où les tempêtes de sable dansent au-dessus de l’eau. Bref, sur une île d’un futur impossible. Et ce n’est pas la seule image que Future Islands sème. Dès l’ouverture, on se croirait dans une course folle, fuyant vers des espaces infinis dans un vaisseau spatial.

Nous voilà à destination d’îles futuristes bien romantiques. Before the Bridge, deuxième chanson de l’album, nous empoigne pour mieux nous tourmenter. Les poètes du futur ont tôt fait de nous étreindre dans leur affliction claire-obscure. Un côté science-fiction habite ces refrains électros New Wave romantiques. « I will walk you home and I will leave you there », ces histoires de peine, histoires d’amour avortées ou qui ont mal tournées, viennent toujours nourrir leurs complaintes lancées loin dans un horizon perpétuel. Avec Blade Runner en trame de fond, ils montrent qu’ils détiennent un son possédé, imagé, qui nous dépossède en 2 couplets, et nous lance dans une dérive digne d’un grand film. Et pas besoin d’images, elles viennent d’elles-mêmes.

Future Islands pourrait faire partie de quelques grandes ligues ; The Cure, Beach House, Washed Out et The National, celles des sons prodigieux emplis de mélodrames et de brouillard. Leur martèlement qui rend fou, comme celui si accrocheur de The Cure dans Lullaby, Future Islands le reproduit, sinon le réinvente à sa façon. Des pulsations qui changeraient le rythme cardiaque d’un cadavre. Voyageant au travers de leurs histoires et états d’âmes, on s’y confond, tellement ils évoquent avec une puissance quasi palpable leurs méditations, liées à la perte et à la mémoire. Ils nous propulsent avec une force qui échappe encore, même après la 56e écoute.

Samuel T. Herring, auteur et voix vrombissante du groupe, ne cesse de ramener, sous différents angles bien sûr, vibrations ou mots, ses douloureuses ruptures, ou cette douloureuse rupture, mais les textures variantes d’une chanson à l’autre, nous font passer dans plus d’une dimension. Et son obsession, devient soudainement la nôtre.

Album quasi conceptuel à certains égards, pas que Future Islands cherchait à faire un album concept, mais dans cette façon de se contenir entièrement dans une forme, sur cette île, à eux. Où la musique accélère le flot dans nos veines jusqu’à alimenter un vaisseau invisible et donner un nouveau sens à nos battements cardiaques.

Musique planante, mais d’une incandescence et d’une teneur provoquant ou évoquant une rafale d’émotions ; du bouleversement au ravissement ; toujours en plein cœur, de celui tantôt brisé, tantôt paisible. Un album étreignant, qui berce et perce comme un grand air marin, nous portant sur différentes ondes et modulations, sur l’eau, comme son nom le dit si bien. On the Water nous parle d’un manque qu’ils n’auraient pu mieux dépeindre et surtout, qu’ils n’auraient pu mieux susciter. Si l’on pouvait l’écouter par intraveineuse, on le ferait.

- Desc. : Synthpop, New Wave
- R.S.V.A. : Twin Shadows, Destroyer, Memory Tapes

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