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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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Tripper

FRUIT BATS

Sub Pop

lundi 19 mars 2012, par Vanessa Hauguel

(4.5/5) Fruit Bats, la formation de Chicago constituée autour du chanteur-auteur-compositeur Eric D. Johnson (Califone, The Shins) et signée sur Sub Pop a sorti quatre albums dont le plus récent, Tripper, en 2011. Les Chauves-souris frugivores ont donné naissance à un envoûtant album de Weird America, sur un fond de Kerouac. Fascinant mélange de récits d’évasion, mêlés à des ballades folks et quelques synthés psychédéliques. Attention, les nuages sont duveteux, colorés et peuvent prendre diverses formes improbables.

Dès l’ouverture avec "Tony le Tripper", l’album tisse un récit de gens qui essaient de s’en tirer ou de se tirer tout simplement. On sent cette impulsion, le désir d’errance et cette mélancolie, bien connue chez Johnson, qu’il communiquait déjà à travers ses divers projets. Johnson réussit par contre ici à réinventer ces thèmes et leur donne, si l’on peut dire, de nouvelles couleurs.

Les paysages défilent et on ne sait jamais où la route s’arrête, ou se poursuit. L’album réserve en effet plusieurs surprises au détour et ne manque pas de phases plus délurées, brillantes et accrocheuses. Les aigus omniprésents et les airs d’hippies ; de Fleetwood Mac surtout, soulignent les récits peut-être plus tourmentés de Johnson. Malgré les textes, on préfère planer plus haut, par delà les nuages (comme sur la pochette bien réussie).

Tripper appelle à une douce dérive ou à un sentiment proche de l’ivresse, entre le son de la harpe, des cascades de synthés plus aériens et le pouls battant et bien rythmé, même dans les chansons plus acoustiques. Sur You’re Too Weird, petit chef d’œuvre, on atterrit quelque part entre l’humour et le pur talent de Johnson. Des éclats de génie, à la fois drôles et tristes. Toutefois on sent vers le milieu de l’album un léger essoufflement, sinon un genre un peu surfait.

Les ballades de routards, libres et plaintives, n’en demeurent pas moins amusantes, et parfois bien touchantes, comme sur The Banishment Song et Wild Honey, où le ton plus léger prend des airs plus graves à l’écoute des paroles. Tout de même, un sacré tour de force pour ce mélange de lumière et de noirceur, aux saveurs 70’s et quelque fois troublant. Reste à voir si les Chauve-souris réussiront à sortir de l’ombre.

- Desc. : Indie folk, weird america
- R.S.V.A. : The Cave Singers, Vetiver, Fleet Foxes

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