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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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Pickpocket’s Locket

FROG EYES

Paper Bag

vendredi 20 novembre 2015, par Bastien Léger

(4.5/5) Frog Eyes are back pour de nouvelles aventures musicales !!! Après un album intitulé « Carey’s Cold Spring » des plus convaincants sorti en 2013, « Pickpocket’s Locket » a été écrit dans un état d’esprit assez différent, car il est a noter que l’écriture de cet album a été fait suite au décès du père du chanteur. En effet, celui-ci a offert à son fils sa guitare acoustique avant sa mort, et ce dernier a écrit les dix titres de cet album en composant sur cette guitare, d’où une mélancolie présente tout au long de cet opus.

On retrouvera ainsi cette voix si caractéristique de Carey Mercer entre chant et prêche. Cependant, d’un point de vue orchestral, le groupe s’est enrichi de plusieurs autres instruments qui apportent une richesse harmonique au niveau des compositions et empêche toute aridité et lassitude au cours de l’écoute de cet album.

« Two Girls One for Heaven and the Other One for Rome », titre long et extrêmement énigmatique, est une bonne introduction. Les rythmiques minimalistes et tribales propres à Frog Eyes sont toujours bien présentes avec cette fois un saxophone en guise d’invité. Ce titre est très accrocheur et ferait un excellent single. « Joe with the Jam », qui nous permet d’entendre le titre de l’album au détour d’un couplet, est porté par des instruments à cordes omniprésents. « The Beat is Down » est également bien écrit et le simple chant nous captive rythmiquement et mélodiquement parlant. « Death’s Ship » ne laissait pas présager une certaine joie dans la manière de mener ce morceau. On pense parfois à Bruce Springsteen dans les intonations de Carey Mercer. Sans vouloir systématiquement suivre un plan couplet/refrain prédéfini, l’écoute est automatiquement attentive car on sent que l’on a quelque chose à nous dire.

« The Demon Runner » captive dès son introduction avec ce clavier entêtant et ces cordes qui apparaissent par intermittence pour finalement épouser la mélodie du morceau. Le final est tout simplement excellent. Un gimmick imparable qui ne vous quitte plus. Une vraie réussite !!! « Rejoinders in a storm » est plus oppressant. Le rôle des claviers et des cordes est d’une importance primordiale et ce morceau en est la preuve. Très pop dans son refrain, ce morceau devrait plaire à beaucoup d’auditeurs. « In a Hut » est également dans la même veine. Lignes mélodiques entre piano et cordes s’entrecroisent pour créer un filet sonore qui vous prend et vous retient jusqu’à la fin révélant parfois le versant folk de Frog Eyes. « Crystal Blip » est très entraînant, très dansant et sonne très années 60-70 avec notamment une ligne de basse chantante qui pourrait correspondre aux chœurs. « I ain’t around much » présente une mise en place plus longue pour un final plus percutant. « Rip Down The Fences That Fence The Garden » clôt cet album en beauté tant d’un point de vue mélodique que rythmique.

Finalement, avec cette capacité à se renouveler tout en conservant sa touche personnelle passée, ce nouvel album de Frog Eyes se révèle être une réelle réussite à tous les niveaux grâce notamment aux cordes et aux claviers qui apportent beaucoup dans la composition et la manière de mettre en valeur la voix de Mercer.

- Desc. : Indie rock, folk
- R.S.V.A. : Nick Cave, 16 Horsepower, Sunset Rubdown

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