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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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Carey’s Cold Spring

FROG EYES

Paper Bag

vendredi 27 mars 2015, par Bastien Léger

(3.5/5) Le chanteur Carey Mercer revient avec son groupe Frog Eyes et un nouvel album dans les bacs. C’est le 11ème album du groupe, et ce dernier continue son exploration d’un indie rock aux teintes beaucoup plus pop. On retrouve donc avec plaisir ce chanteur et sa voix si habitée, scandant des textes tel un prêcheur.

L’album débute très fort avec un « The Road is Long » de qualité. Les lignes de guitare s’entrecroisent avec des rythmiques faisant penser à des balles tirées en série. La voix est l’élément qui est mis en avant systématiquement, mais la musicalité n’est pas pour autant délaissée car on intègre en mémoire très rapidement les morceaux proposés dans ce nouvel opus. On enchaîne avec un « The Country Child » très rythmé, très minimaliste au niveau de l’accompagnement mais très prenant au final car la tension du morceau est très bien gérée.

« Your Holiday Treat » propose une atmosphère plus folk, calme mais toujours teintée d’une certaine mélancolie provenant à la fois du timbre de la voix du chanteur, de sa manière de chanter mais également des riffs de guitare simples mais efficaces. Le gimmick qui arrive au milieu du morceau est imparable, même si très fugace. L’atmosphère plus intimiste est maintenue avec un « Don’t Give Up Your Dreams » libérateur qui pourrait être l’hymne de l’album.

Le rêve est également musical et continu tout au long de ce morceau avec des nappes de guitares planantes. Il y a du U2 de la période années 80 dans ce morceau par moment. « Needle in the Sun » nous emmène dans des contrées aux plus grands espaces. Ont-ils écrit ce thème en regardant des westerns ? On enchaîne avec un titre à rallonge et « Noni’s got A Taste for The Bright Air Red Jordans » avec un orgue comme nouvel instrument mis en avant. L’atmosphère est toujours dans la même veine que les morceaux précédents et l’effet de surprise s’amenuise. Heureusement, « A Duration of Starts and Lines that Form Code » revient sur des rythmiques plus entraînantes et l’on pense parfois aux Pixies. On remarquera ce refus de tendre vers des morceaux structurés du type couplet/refrain car ils ont la volonté de vous raconter des histoires qui ne sont pas forcément marrantes. La mort, la déception, l’exclusion rodent à chaque fin de phrase… « Seven Daughters » est probablement le meilleur morceau de l’album. Il synthétise au mieux toutes les possibilités du groupe tant d’un point de vue mélodique que rythmique avec un chanteur qui vit pleinement ce qu’il chante. L’album se termine sur un « Claxxon’s Lament » de très bonne facture également.

Finalement, cet album se laisse apprécier au fur et à mesure de multiples écoutes du fait d’un chanteur charismatique et la volonté de ne pas s’enfermer dans des schémas stéréotypés de la pop-rock hertzienne. L’indépendance tant dans l’écriture des textes que des thèmes musicaux est clairement ressentie et aiguise votre curiosité tout au long d’un parcours mélancolique et combatif à la fois.

- Desc. : Indie rock
- R.S.V.A. : Nick Cave, Sunset Rubdown, Destroyer

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