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SALON DU DISQUE ET DES ARTS UNDERGROUND DE MONTRÉAL

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Plastrer La Lune

FORTIN, FRED

C4

lundi 25 janvier 2010, par Éric Dumais

(3.5/5) La vie, comme on le sait si bien, est souvent parsemée d’embûches. Des imprévus, on en rencontre à tous les coins de rue, un peu comme des itinérants qui tendent leur verre en carton à chaque détour à Montréal. Sauf que Fred Fortin, lui, n’a pas rencontré d’itinérant. Il a trébuché sur une véritable embûche, ce qui a malheureusement « scrapé » ses plans. D’aplomb. Prévu depuis un an, son nouvel et quatrième album, Plastrer La Lune était supposé, selon l’ordre logique des choses, sortir en magasins dès la fin de l’année 2008. Il est finalement apparu, un an plus tard, dans une pochette en plastique, bien en vue dans les magasins à rayons.

Pour vivre, il faut exister, et pour manger, il faut de l’argent. Dès que Fred Fortin a reçu un appel de Thomas Fersen, alors qu’il était cantonné dans son chalet au Lac Saint-Jean afin de préparer son album en devenir, son ventre a grondé et le désespoir a pris le dessus sur son désir de composer de la musique : Fersen le priait de jouer de la basse pour sa tournée européenne des Trois Petits Tours, album que Fred Fortin avait réalisé quelque temps auparavant. Évidemment, il a accepté. C’est donc seulement après avoir traversé l’Atlantique et l’avoir retraversé à nouveau qu’il a pu se rasseoir, expirer un bon coup, et se remettre à la composition. Plastrer La Lune, c’est du vrai Fred Fortin. À l’écoute, on remarque immédiatement qu’il a mis de côté les claviers pour se concentrer directement sur les rythmes de guitare. Ça rock et ça déménage pas mal plus que sur ses albums précédents. Disons qu’on est à mi-chemin entre les caricatures drolatiques de Joseph Antoine Frédéric Fortin Perron (1996), des relents blues rock du Plancher Des Vaches (2000) et de l’ambiance progressive qui sent à plein nez dans Planter Le Décor (2004).

Avec ce nouvel opus, on doit s’attendre à nouveau à des textes humoristiques, où se confrontent encore une fois réalité et fiction. Car Fred Fortin aime se raconter des histoires, mais il aime encore plus nous les partager en musique. D’ailleurs, Bobbie, pièce inaugurale de l’opus, est une histoire toute simple en apparence, dont on se bidonne ensuite lorsque l’on connaît le contexte. Elle est inspirée de personnes que l’on peut rencontrer à Dolbeau et que tout le monde connaît. D’entrée de jeu, Fred Fortin s’exclame : « il s’appelait Bobbie, Bobbie dit le tueur. C’était un bandit, tout le monde en avait peur. Tout le monde, même les bêtes craignait son odeur… » Et la suite est tout aussi farfelue que tragique.

Sur l’album se croisent des destins tragiques de personnages au charisme de béton, mais qui sont sans cesse incompris par la société. Comme Madame Rose qui assassine son mari, le méchant Mister Blue. Et Fred Fortin, de rétorquer à cela : « elle aurait bien fumé une bonne cigarette, si seulement elle était fumeuse. » On ne comprend pas trop la morale, mais on aime ça. Sacré Fred Fortin.

- Desc. : Rock drolatique minimaliste.
- R.S.V.A. : Gros Mené, Vincent Vallières, Avec Pas D’Casque

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