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SALON DU DISQUE ET DES ARTS UNDERGROUND DE MONTRÉAL

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ENTRANCE BAND, THE

Ecstatic Peace

jeudi 17 décembre 2009, par Éric Dumais

(4.5/5) Jean de La Bruyère, un célèbre écrivain et moraliste français du XVIIe siècle, a déclaré une affirmation intéressante, un peu démodée, mais qui suit son cours dans notre société moderne : « Une mode a à peine détruit une autre mode, qu’elle est abolie par une plus nouvelle, qui cède elle-même à celle qui la suit ». Et c’est la même chose dans le domaine de la musique. Une mode s’instaure, est remplacée par une nouvelle, et vice versa. Sauf que la beauté de notre époque, c’est que les modes ne disparaissent pas ; elles reviennent après plusieurs années, la plupart du temps changées, évoluées et transformées.

Et tout porte à croire que The Entrance Band, un trio de Los Angeles qui performe dans le psych-classic-rock, possède justement une inspiration shootée de nostalgie, car on a l’impression de revisiter les années 60’s, 70’s, 80’s, 90’s en rafale. Cet album éponyme est un retour en arrière assez direct, parsemé çà et là d’une touche actuelle, qui nous fait replonger dans les aléas du rock classique d’hier à aujourd’hui. De Led Zeppelin à MC5, de Santana à Jimi Hendrix, jusqu’au Velvet Underground, pour les coupes de cheveux et les longues barbes brunes. The Entrance Band, c’est trois musiciens d’expérience, branchés sur le même fil de soluté, vu l’harmonie incroyable qu’ils dégagent ensemble. Accueillons donc Guy Blakeslee (chanteur et guitariste solo complètement débile), Paz Lenchantin (bassiste et joueuse compulsive à temps partiel pour A Perfect Circle, Mélissa Auf Der Maur, Zwan et Queen Of The Stone Age) et Derek James (batteur et tapeur professionnel).

The Entrance Band est un album magique, ensorcelant et envoûtant, même la langue française ne comporte pas assez d’adjectifs pour rendre compte de la beauté de cet album. Guy Blakeslee est tout simplement un homme à mi-chemin entre Jimi Hendrix et Santana, né fœtus avec une guitare électrique dans les bras. Les solos qui accompagnent toutes les mélodies nous transportent dans un voyage initiatique à travers une immense spirale hippie des années 70, hallucinations comprises. La chanson Lookout !, en ouverture, nous prépare à des longs solos exploratoires, des partitions de basse rythmées et solides et un chant un rien écho, mais ô combien amplifié à la réverbération. C’est entraînant, vivifiant, glorifiant, ça fait du bien ! Avec Still Be There, nos épaules se relâchent et nous chantons « After it all, you’ll still gonna be thereeeee ! », jusqu’à ce que nos batteries soient mortes. Sing For The One nous convie à du rock, du vrai, avec des solos de guitare interminables et une basse lourde et ultraprésente. Grim Reaper Pt. II, une des meilleures pièces de l’opus, fait penser à du vieux Guns N’ Roses, en moins kitsch.

The Entrance Band frappe fort avec ce premier LP et risque de surprendre les plus grands artistes de ce monde. Ceux qui sont décédés, c’est pour dire, risquent de se retourner dans leur tombe.

- Desc. : Psycho-rock transcendental
- R.S.V.A. : White Stripes, Black Sabbath, La Otracina

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