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SALON DU DISQUE ET DES ARTS UNDERGROUND DE MONTRÉAL

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At Rosedale United

ELEMENT CHOIR, THE

Barnyard

samedi 2 octobre 2010, par Olivier Boivin

(3.5/5) Si j’avais à choisir 3 pactes que s’est donnés l’ensemble torontois The Element Choir pour leur enregistrement à l’église Rosedale United, qui a eu lieu les 17 et 18 février 2009, ce serait ceci : on improvise notre espace tout en la maîtrisant, on s’amuse avec originalité, on fait les fous sans perdre la tête. Avec la participation de 51 personnes dans le chœur, réunissant la caméléonne « leader » aux multiples variations vocales Christine Ducan, ainsi que Jean Martin à la batterie/trumophone, Jim Lewis à la trompette, Éric Robertson à l’orgue Casavant et Jesse Zubot au violon, nous entrons ici dans une chambre noire capitonnée d’improvisation tourmentée, dans une profonde réflexion.

D’abord par des intentions ambitieuses que j’ai nommées plus haut, mais aussi en mélangeant les différences d’âge, les personnalités, même l’origine des membres, les musiciens aux allures disparates auraient pu nous apporter que de la cacophonie, mais heureusement non. Contrairement à ce que l’album peut laisser croire à la première écoute, l’harmonie est là, désirée, presque calculée. Malgré l’improvisation qui fournit beaucoup de liberté, The Element Choir s’accorde pour fixer un point central unique en son genre et structuré, dans des atmosphères denses et cinématographiques, jonglant avec les extrêmes du bruit, le minimalisme sonore, le silence inquiétant, et une foule confuse en délire. L’allégresse est omniprésente et c’est ce qui m’a plu le plus dans cet enregistrement. L’album nous fait voyager dans un univers complexe, où imagination et précipice sans fond se fusionnent. Je me suis vu assis dans une balançoire suspendue d’une foire mal gérée, un peu comme le suggère la pochette. On imagine des scènes de grands suspenses, comme s’ils nous tenaient dans une attente angoissée palpable, comme lorsqu’on fait la file à la grande roue d’un cirque. Les voix primitives en canon nous inspirent dans la 3e pièce, Funhouse, qui se veut enfantine, émancipée, apportant beaucoup de texture au reste du contenu.

Je dois mentionner qu’il faut se sentir prédisposé pour une écoute complète. Être ouvert musicalement et même apprécier l’expérimental seraient des prérequis ; c’est pourquoi je le recommande aux mélomanes avertis et en quête de liberté contemporaine.

- Desc. : Expérimental orchestral contemporain
- R.S.V.A. : Barnyard Drama, John Zorn, Sylvie Chenard

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