[] [] [] [] [] []

SALON DU DISQUE ET DES ARTS UNDERGROUND DE MONTRÉAL

Redécouvrir : Hex ; Or Printimg In The Infernal Method

EARTH

(Southern Lord)

jeudi 6 mars 2008, par Jean-François Rioux

Dylan Carlson réussit en 2005 un second chef-d’oeuvre dans l’ensemble de sa carrière, ce genre de disque qui avec le temps passera à l’histoire tout comme le célèbre disque Earth 2 (Sub Pop) paru dans le début des années 1990. Celui que certains tiennent pour responsable de la mort du légendaire Kurt Cobain est au cœur de la formation Earth depuis plus de quinze ans. Après le suicide de son meilleur ami et de nombreux problèmes de drogues et de justice, Dylan Carlson redonne vie à son projet Earth, autrefois un duo, en y ajoutant à sa fine touche de guitare deux membres qui l’ont aidé à retrouver le droit chemin et faire d’Earth un groupe différent. Sur Hex, on y retrouve beaucoup moins d’agressivité que sur les albums passés, on y retrouve même une sensation de bien-être, le tout dans une mélancolie sombre et malsaine. La guitare reste en premier plan, tout comme sur les disques précédents de M. Carlson : une guitare lente, lourde et ténébreuse qui se laisse accompagner de douce batterie et de résonance cathédrale. Le lent tourbillon vous laisse imaginer le pire des scénarios : l’enfer, également ce que pourrait être une douleur insurmontable ou un paradis artificiel que seules les drogues dures peuvent créer. Influencé par ses trames sonores western-spaghetti préférées, le musicien de Seattle ajoute une touche fort admirable d’autres instruments tels que la « slide guitar » ou le banjo pour donner un effet totalement déboussolant mais cinématique à son œuvre. Le son de sa guitare Telecaster est naturel, sans trop d’artifices ou de distorsion : la douleur de son maître est palpable, l’impression que le ciel nous tombera sur la tête pendant l’écoute est inévitable. La beauté qui se dégage de ce disque est magistrale pour n’importe quel réalisateur de long métrage ou quiconque recherchant une musique d’ambiance particulière. La bande sonore idéale pour un film western sanglant qu’un producteur audacieux tel que Quentin Tarantino oserait tourner. La couverture du disque nous laisse aussi imaginer des scénarios un peu sombres, se rapprochant même des films d’horreur ou d’images troublantes à glacer le sang, cette maison perchée nous laisse inconfortable et soucieux. Les amateurs d’Ennio Morricone, Bohren & Der Club of Gore et Sunn0))) seront conquis et charmés à la fois par le plaisir machiavélique que nous offre le meilleur album de 2005, Hex ; or printimg in the infernal method. C’est à se demander si le leader de la formation n’aurait pas vendu son âme pour écrire un disque instrumental de cette envergure !
- Desc. : Western-spaghetti macabre
- R.S.V.A. : Ennio Morricone, Godspeed You ! Black Emperor, Boren & Der Club Of Gore

Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0