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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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Tempest

DYLAN, BOB

Columbia / Sony

lundi 5 novembre 2012, par Nicolas Pelletier

(3.5/5) Le patriarche du rock et du folk Bob Dylan ne rajeunit pas. Maintenant âgé de 71 ans, l’homme continue à tourner (il sera de passage le 16 novembre prochain au Centre Bell, avec Mark Knopfler) de façon presque constante et à enregistrer des albums, à un rythme régulier malgré son âge vénérable. Pas question de retraite pour le barde de Duluth au Minnesota qui roule sa bosse depuis 1961.

Analyser son plus récent album, « Tempest », sans prendre en considération son immense carrière n’est pas possible. C’est tout un cheminement auquel on a assisté depuis 52 ans, un cheminement qui a donné des disques légendaires (« Blonde on Blonde », de 1968 à « Time out of Mind » de 1997 pour n’en nommer que deux), mais aussi une bonne quantité d’œuvres qu’on aurait avantage à oublier. Combien de fois ai-je vu « Blood on the Tracks » (1975) ou « Slow Train Coming » (1979) dans les bacs de 33-tours usagés…

« Tempest » ne fait partie d’aucune de ces deux catégories. C’est un album qui s’écoute bien, mais qui n’a rien de transcendant. Ça commence de façon sympathique avec Duquesne Whistle qui rappelle les joyeux Traveling Wilberys (dont Dylan faisait partie avec George Harrison, Roy Orbison, Tom Petty et Jeff Lynne). Certains moments ressuscitent le blues folk de la fin des années 60 (Early Roman Kings) alors que d’autres s’étalent sur 6 ou 7 minutes, comme à la belle époque où le formatage n’avait pas encore été inventé. La voix de Dylan commence littéralement à se décomposer. Elle n’a pas gardé la grâce de celle de Leonard Cohen (qui a 78 ans) ni l’énergie de celle de Paul McCartney, ni la justesse de celle de Brian Wilson (tout juste 11 mois plus jeune que Bob). Moins nasillarde, certes, mais dorénavant pleine de grumeaux comme si Dylan trainait un rhume dans le gorgoton. Malgré ce détail, on se surprend à embarquer dans les histoires teintées de Far West (Tin Angel) dans lesquelles il y a toujours de la trahison, du sang et des amours impossibles.

On ne sent pas de bilan ni de sagesse ni de testament musical sur « Tempest ». Rien qu’une autre œuvre d’un grand qui refuse (ou ne peut ?) se taire. Dylan garde une pudeur à laquelle on n’est plus habitués avec la nouvelle génération qui se confie à cœur ouvert dans un folk lo-fi, tels que Bon Iver, Eric Bachmann ou Sufjan Stevens, tous des fils (ou même petits-fils !) spirituels de Dylan.

Avec « Tempest », Bob Dylan plaira à ses fans de longue date ainsi qu’aux amateurs de textes qu’il faut décortiquer pour en découvrir le sens. Le maître de la parabole a encore frappé. Ceci dit, il est difficile d’imaginer que « Tempest » en tant que tel sera une influence pour une grande masse de musiciens folk, ou autres.

- Desc. : Folk, pop, americana bluesy
- R.S.V.A. : Tom Waits, Bruce Springsteen, Leonard Cohen

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