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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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DEVIL EYES

Signed By Force

jeudi 31 décembre 2009, par Éric Dumais

(2.5/5) La formation montréalaise Devil Eyes vient de signer un contrat avec Signed By Force, une étiquette spécialisée dans le punk, le heavy rock et le métal, et qui a vu le jour dans la grande métropole à l’automne 2007.

Devil Eyes, c’est deux gars et une fille aux parcours diversifiés qui ont eu l’idée, un beau jour, de partir un groupe ensemble. Mais qui sont-ils ces « yeux du diable » ? Voici Matt « Lee » Kober (chant, guitare), Emily « Emilor » Taylor (basse, chant, batterie) et Zen Nakamura (batterie, chant) en personne. Ce qui est charmant, c’est qu’ils possèdent tous un passé musical pour le moins prolifique. En effet, Matt et Zen proviennent d’un combo ska appelé In Tense Of Fire, dans lequel ont performé des membres des Gruesomes et Kobayashi, pour ne nommer que ceux-ci. Emily, quant à elle, a participé à divers projets tels que Pop Skull et Misfortune, avant de tomber définitivement en amour avec les Devil Eyes, puis avec le chanteur et guitariste Matt.

Devil Eyes est un opus qui ne se classe pas en un clin d’œil, même qu’il faut de l’audace, à mon avis, pour le ranger dans un style musical en particulier. Car à l’écoute, des styles aussi variés que blues rock, heavy métal, punk rock garage et psychobilly nous viennent en tête. Disons pour simplifier les choses que Devil Eyes est un mélange bruyant et énergique de tous ces genres musicaux mis dans le même blender. La preuve : Rip My Heart Out est un amalgame entre le rock’n roll 70’s, le psychobilly des Cramps et le rock garage d’aujourd’hui. Le résultat est satisfaisant. Ça groove, ça gueule, ça trash, et la voix éraillée se mêle bien avec le rythme endiablé de l’orchestre. Autre note positive : la chanson Noctilucent Ghost mêle avec brio guitare électrique sale et saturée, batterie énergique et basse fiévreuse, dans un rythme psychédélique et par-dessus lequel une clarinette vient jazzer l’ambiance déjà ultradélirante. Freak Pocket, comme Akuma Gyoshi et Hung, fait penser à des jams improvisés où distorsion trop présente et sono mal contrôlée sont au rendez-vous. N’oublions pas qu’ils ont enregistré cet album eux-mêmes, dans leur appartement, avec de l’équipement à moitié fonctionnel et un seul micro. Sinon, il semble que l’équipement reprend vie une dernière fois sur la très jazzy Spookfish, avant de retomber dans les limbes de l’imperfection avec la très acoustique Motorsnake, où guitare dérangeante et batterie tribale paraissent sorties tout droit des tripes de Lucifer.

Devil Eyes nous convie à une expérience musicale qui risque de faire bourdonner nos tympans d’agressivité et de démangeaisons après une première écoute. Mais c’est ce qui fait la force d’un band comme celui-là et, il faut se l’avouer, à Montréal, on aime ça quand ça déménage.

- Desc. : Blues rock, psychobilly garage
- R.S.V.A. : The Cramps, Motorhead, Freakbeat

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