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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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Kaputt

DESTROYER

Merge

lundi 7 mars 2011, par François Crevier

(4/5) Avec ce neuvième album, Dan Bejar et sa bande nous amènent dans des contrées jusqu’alors inexplorées. Il s’agit en effet d’un album totalement différent des précédents, qui laissera plusieurs pantois. Si vous avez découvert Destroyer avec Destroyer’s Rubies (2006) ou même avec Your blues (2004), attendez-vous à être quelque peu déstabilisé ici.

Dan Bejar a décidé avec Kaputt de revisiter les années 80. Il n’est pas le premier à le faire. On notera d’ailleurs beaucoup de ressemblances avec l’excellent Romanian Names de John Vanderslice, paru récemment et qui emprunte lui aussi ces chemins escarpés. Sauf que Destroyer pousse ici le kitsch un peu plus loin. On a droit à une ribambelle de synthétiseurs, de saxophones de Saint-Valentin, de voix suavement entremêlées, le tout arrosé d’une poésie goulue et susurrée. Tous les ingrédients d’un bon flop sont réunis, me direz-vous ? Et pourtant tout ça marche à fond la caisse, par une extraordinaire magie qu’on a du mal à s’expliquer.

Malgré l’enrobage parfois douteux, les arrangements un peu anachroniques et hétéroclites, on retrouve de savantes chansons comme Chinatown, Savage Night at the Opera et Poor in Love. Mention honorable également à la substantielle Bay of Pigs, qui monopolise les 11 dernières minutes de l’album.

Kenny G sort de ce corps !

Voici donc une expérience musicale où il ne faudra pas trop se poser de questions et laisser la magie de Destroyer opérer. Une bonne petite séance d’exorcisme pourrait néanmoins s’avérer nécessaire après-coup pour laisser sortir le Kenny G. Sinon les autres effets secondaires sont plutôt agréables.

- Desc. : Indie pop/rock
- R.S.V.A : John Vanderslice, Mountain Goats, Swan Lake

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