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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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Delta Machine

DEPECHE MODE

Columbia/Sony

mercredi 28 août 2013, par Émile Tempère

(4/5) C’est le retour des Basildoniens avec le surprenant « Delta Machine ». Il est sûr que grâce à cette nouvelle machine, Depeche Mode revient sur les rails du succès. Même si la recette est identique, cet album est la nouvelle pierre angulaire dans leur carrière.

Depuis Violator sorti au début des années 90, les compositions, le son n’étaient pas toujours égaux à la renommée. Mais pour cette nouvelle sortie Depeche Mode nous renvoie nos doutes en plein visage.

Enregistrer entre Los Angeles et New York, Depeche Mode n’a pas lésiné sur les moyens... Il suffit de jeter un oeil sur le clip de Angel pour que n’importe quel aficionados des studios ou nerd des keyboards face une syncope à la vue de l’armada de matériel à disposition du band.

Posséder les deux tiers des machines qui ont fait le son électronique depuis ces trentes dernières années, c’est un plus ! Mais là le talent et l’inventivité des musiciens prouvent que les gars sont bien au dessus de ça. En tant que pères fondateurs de la synth-pop on n’en attendait pas moins.

Delta Machine est une expérience, il vous plonge directement dans l’identité du groupe. Le titre d’entrée : Welcome To My World fait monter la pression et ensuite étire la progression mélodique jusqu’à l’extrême.

De la ligne ultra profonde de l’introduction, on grimpe en intensité jusqu’à l’explosion cinglante de la machine. On entrevoit enfin ce qu’il y a derrière l’opaque couche de couleurs synthétiques, c’est sombre, épuré, mais tellement efficace.

Angel est sûrement le meilleur titre de l’album. Le rythme est lent et les nappes lancinantes installent une ambiance presque libidineuse. Les chants sont toujours à la limite, mais c’est ce qui rend bien l’émotion des textes. La direction artistique sur ce titre est remarquable. Elle séduira pratiquement n’importe quelle oreille.

Heaven laisse entrer la guitare pour une ballade trip-hop, un morceau en somme plus clair que le reste de l’album, mais le coté suave de cette tune ajoute à la diversité.

S’en suit la partie centrale de l’album, d’habitude qualifiée de ventre mou, mais l’expérience Delta Machine prend juste une autre face, menant vers d’autres allures , on quitte quelque peu l’atmosphère sombre pour retrouver le coté Indus de DM avec My Little Universe. Des arrangements affinés, la voix de Gahan beaucoup plus sèche, quasiment sans effet, développant la proximité qui donne tout le sens à ce titre.

Un de mes titres favoris de l’album est le suivant sur la liste : Slow, un titre mid-tempo bien au fond du temps, vibrant autant qu’un bon vieux shuffle de Mitch Mitchell. Des guitares bluesy à souhait au dessus de nappes lointaines qui arrangent et maintiennent toute la chanson.

Dave Gahan reprend tous les codes de DM, entre libido lascive et soumissions, sa voix touche presque à l’indécence... Même si les accords semblent un peu faciles, l’éloquence des musiciens transfigure cette descente chromatique en quelque chose de poignant, proche d’un Portishead..

On reste dans le classique pour Broken, The Child Inside, Soft Touch, ce qui frappe c’est surtout que l’on sente l’influence incontestable qu’a eu DM sur bon nombre d’artistes ces 20 dernières années. De Nine Inch Nails à Massive Attack, la dette est insolvable...

Should Be Higher relance le tout par une composition originale, la texture des synths est épaisse, mais c’est elle qui porte le morceau sur un kick ultra lourd. Le refrain est implacable même si on se doute que le père Gahan devra sûrement aller chercher loin dans sa tessiture pour le ressortir impeccablement en live. On croit en toi Dave !!

Alone, c’est le malaise absolu. On replonge dans la noirceur, le texte vous serre la gorge et fait presque naître de la culpabilité en vous : « I don’t know if you’re blessed or cursed » plus accablant que les remontrances paternelles... la sonorité des mélodies soutien l’oppression tout du long.

GoodBye, dernier morceau dont l’intro rappelle un certain « Personnal Jesus » . Basé sur un gimmick de guitare nuancé, le morceau déboule sur un refrain puissant. Coincé entre le marteau et l’enclume ce titre y prend tout son sens et finis sur des « Goodbye » noyés dans la reverb, classique, mais toujours efficace.

Delta Machine est une très belle pièce, on aurait pu avoir un album ou la renommée passe avant l’effort... Mais non ! Chez Depeche Mode on aime se creuser les méninges. Être une référence internationale ne légitime pas un statut d’intouchable. Si il n’y a pas de titre du calibre d’Enjoy The Silence, la plus part des morceaux sont bien au dessus des dernières sorties du groupe. C’est remarquable d’enregistrer un album aussi profond et cela 20 ans après Violator et Song For Faith And Devotion. Ce qui donnera peut-être envie à certains de se remettre réellement au travail.

- Desc. : Synth-Pop, new wave, alternatif
- R.S.V.A. : Nine Inch Nails, Massive Attack, Portishead

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