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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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The Hazards of Love

DECEMBERISTS, THE

Capitol/EMI

vendredi 29 mai 2009, par Nicolas Pelletier

(5/5) Quand on aime son folk intense et mélodique, quand on aime son rock puissant mais groovant, quand on aime que son oreille soit titillée par des sonorités variées, quand on aime les œuvres conceptuelles et thématiques, on ne peut qu’adorer le dernier opus des Decemberists.

« Hazards of Love », le deuxième album du quintet de Portland (Oregon) paru sur étiquette majeure (Capitol) mais cinquième LP du groupe, est une pure merveille. Cet album frappe dès la première écoute : on apprécie les passages d’orgue et de mandoline qui enjolivent le tout, mais c’est l’intensité et le sens mélodique de Colin Meloy et sa bande qui marque l’amateur de rock de qualité. Les fans de The National, Tindersticks et Arcade Fire savent ce qu’on essaye ici d’exprimer. The Decemberists sont définitivement de ce calibre, capables d’hymnes folk rock languissant (Margaret in Captivity), mais également de rock alternatif viscéral de haute qualité (The Queen’s Rebuke/The Crossing). L’entrée en scène de l’orgue Hammond B3, sous les doigts habiles de Jenny Conlee, ramène même des souvenirs de Grim Skunk, bien que ce quintet dont nous parlons aujourd’hui s’en tiennent au rock une coche moins heavy que nos légendaires rockeurs locaux. Rares sont les groupes de rock indie qui peuvent intégrer des chœurs d’enfants (The Hazards of Love 3/Revenge) sans tomber dans le mélodramatique ringard. Plus loin, les chœurs fantomatiques sur The Wanting Comes In Waves (reprise) n’est pas sans rappeler les fabuleux Pixies. Quelques accents country pointent sur Isn’t It A Lovely Day, en fin d’album, avec dobro et accordéon. Le clavecin de la chanson suivante amène un côté très classe. Certaines mélodies entendues en début d’album reviennent en fin, ajoutant au concept global.

Le fait que chacune des 17 chansons de « The Hazards of Love » soit liée à la précédente ainsi qu’à la suivante amène un rythme soutenu qui laisse l’auditeur le souffle court à l’écoute de l’album. Aucun répit ! 60 minutes de feu roulant et de chansons intenses. On est projeté d’une ambiance à l’autre dans un contexte conceptuel racontant la vie d’une certaine Margaret et de son amant William. Le nom du groupe fait référence aux « Decembrists » rebelles russes qui tentèrent un coup d’État durement réprimé en décembre 1825 pour obtenir du futur tsar Nicolas 1er une constitution modernisant le régime.

Les membres du groupe, quant à eux, ne manquent pas d’humour quand vient le temps de planifier la promotion de leurs albums. Ils ont participé à des acrobaties et sketchs humoristiques à la télé et prétendent fièrement qu’ils ne voyagent qu’à bord des « Dr. Herring’s Brand Dirigible Balloons »… Voilà un album intense, qui s’apprécie dès la première écoute et qui se découvre avec un plaisir renouvelé à chaque fois.

- Desc. : Indie folk rock
- R.S.V.A. : The National, Arcade Fire, Neutral MIlk Hotel

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