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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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Un homme

DE LA SIMONE, ALBIN

Tôt ou tard

jeudi 4 avril 2013, par Nicolas Pelletier

(4/5) Pour ceux et celles qui ne connaissent pas Albin de la Simone, sachez qu’il fait partie de la nouvelle génération d’auteurs-compositeurs-interprètes français. Celle qui compose de belles chansons, avec textes parfois songés, parfois rigolos, dans la lignée des Brassens, Gainsbourg, Renaud. De la Simone est un peu le Pierre Lapointe français : ils ont débuté en même temps, ils ont chacun à leur manière beaucoup de charisme sur scène tout en restant « eux-mêmes », ils ont aussi beaucoup d’humour. Les deux artistes sont d’ailleurs amis : Albin était l’un des invités de Pierre à son grand lancement de l’album « Punkt ».

Albin de la Simone, donc, produit depuis 2003 trois excellents disques qui plaisent aux amateurs de vers bien tournés, de chansons accrocheuses, touchantes, drôles. Comme Renaud à son époque, de la Simone commente avec chaleur et humanité les relations de couple, les situations loufoques du quotidien, l’insolite dans la société qui nous entoure. Il ne porte aucun drapeau, ni n’essaye de changer les choses. Il peint des portraits humains, plein de réalisme, de senti (Je vais changer). Plein d’imperfections, de charme.

Jusqu’ici, on avait toujours perçu Albin de la Simone comme un auteur qui ne se prenait pas trop au sérieux. Il pratiquait délicieusement l’autodérision (comme Lapointe, encore) et faisait sourire. Puis arrive ce nouvel album, intitulé « Un homme », son quatrième. Un album beaucoup plus sérieux, tout aussi beau et magnifiquement interprété que les précédents, mais qui parle de ses (grands ?) parents qui se sauvent de la Guerre (La fuite), d’un frère tombé sous les balles de l’ennemi (Mort en plein air) et de la douleur de la garde partagée (la très belle Ici hier). Albin de la Simone dresse des portraits magnifiques, il dépeint des situations très fortes de l’existence humaine avec adresse, subtilité et beaucoup de tendresse.

Loin de tomber dans la guimauve, de la Simone signe de sublimes poèmes qui demeurent facilement accessibles, comme le peintre impressionniste qui réussit à faire jaillir l’art de scènes du quotidien. Albin le rigolo est devenu Albin l’homme. Il n’en a pas perdu son sens de l’humour pour autant (Moi moi) mais a ajouté un volet de profondeur qui le fait passer chez les Grands.

Né en 1970 à Amiens, en Picardie, il étudie d’abord les arts plastiques avant de s’investir dans le piano jazz. Avant l’an 2000, il accompagne Mathieu Boogaerts, Arthur H, Keren Ann, Jean-Louis Aubert, Salif Keïta, Alain Souchon, Alain Chamfort, Vanessa Paradis... pour ne nommer que ceux-là. Depuis son émergence en solo, il enregistre des duos avec Jeanne Cherhal (la sympa Ces mots stupides, une traduction du Something Stupid de Sinatra que Robbie Williams avait chanté avec la belle Nicole Kidman), Iggy Pop, Stéphanie Lapointe, la soprano Karine Deshayes, JP Nataf, Vincent Delerm (la liste est très longue, je m’arrête…) en plus d’écrire des films, de la musique instrumentale et de participer à des siestes acoustiques et à des réflexions sur les processus de création (La Marmite).

- Desc. : Pop française
- R.S.V.A. : Pierre Lapointe, JP Nataf, Renaud

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